Les silhouettes de ptérosaures peuplaient le ciel du Mésozoïque, entre 228 et 66 millions d’années, durant le Trias, le Jurassique et le Crétacé. Ces reptiles volants ont souvent été qualifiés de seigneurs du ciel mais l’étaient-ils vraiment ?

Une étude récemment parue dans Scientific Reports questionne la capacité de vol des ptérosaures, parmi lesquels sont classés les ptéranodons et les ptérodactyles. Certains genres de ptérosaures, tels que Quetzalcoatlus, pouvaient atteindre 12 mètres d’envergure et avoir un crâne de 2 mètres de long. Comment de tels organismes pouvaient-ils voler ? L’intérieur des os des ailes était creux pour alléger le squelette et Quetzalcoatlus possédait probablement des tendons si puissants au niveau des ailes qu’ils servaient à propulser le corps lors du décollage.

Chez les oiseaux actuels, la capacité de vol s’acquiert au fur et à mesure de la croissance de l’oisillon mais en est-il de même chez toutes les espèces volantes ? Les auteurs de l’étude sur les ptérosaures se sont donc interrogés quant à l’émergence de cette aptitude au cours de la vie de ces reptiles volants. Il est difficile de répondre à cette question car les œufs et embryons de ptérosaures sont très rares dans le registre fossile. Les auteurs ont pourtant pu étudier deux espèces de ptérosaures, Pterodaustro guinazui et Sinopterus dongi dont les envergures à l’âge adulte étaient vraisemblablement beaucoup plus modestes que celle du géant Quetzalcoatlus.

Afin d’estimer la capacité de vol des trois jeunes individus, ils ont comparé la taille de leurs ailes ainsi que la robustesse de leurs humérus à celles de 22 adultes de la même espèce. Bien que les auteurs ne disposent que de peu de jeunes spécimens, les mesures qu’ils ont effectuées montrent que les humérus des jeunes étaient plus robustes que ceux de plusieurs adultes. Ils en déduisent donc que les jeunes pouvaient voler. De plus, ils ont constaté que si les ailes des jeunes étaient longues, étroites et adaptées à des vols sur de longues distances, elles demeuraient toujours plus courtes et larges que celles des adultes.

Les jeunes pouvaient donc probablement voler sur de plus courtes distances que leurs aînés mais devaient être plus agiles en vol, ce qui pouvait leur permettre de changer brusquement de direction et de vitesse, et de voler dans des zones à la végétation dense, ce qui était certainement impossible aux adultes. Cette agilité aurait également été un atout pour échapper aux prédateurs et pour chasser des proies elles aussi agiles. Les conclusions de l’étude ouvrent des perspectives écologiques quant aux espèces de ptérosaures étudiées.

Les auteurs suggèrent que les jeunes occupaient des niches écologiques plus denses que celles des adultes qui se trouvaient probablement dans des milieux plus dégagés. Outre le fait que les individus occupaient des environnements distincts en raison de leurs capacités physiques, cette répartition leur permettait peut-être, comme c’est le cas chez d’autres espèces, de ne pas entrer en compétition pour les ressources alimentaires.

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