Ce vendredi, avant l’ouverture du G20 à Rome, les présidents américain et français vont enfin se croiser en chair en os après que mi-septembre les États-Unis ont damé le pion à la France dans le dossier des sous-marins australiens. Une pomme de discorde qui a enflammé les rapports transatlantiques et que les chefs d’Etat entendent à présent enterrer.Ce vendredi, avant l’ouverture du G20 à Rome, les présidents américain et français vont enfin se croiser en chair en os après que mi-septembre les États-Unis ont damé le pion à la France dans le dossier des sous-marins australiens. Une pomme de discorde qui a enflammé les rapports transatlantiques et que les chefs d’Etat entendent à présent enterrer.

Ce vendredi, avant l’ouverture du G20 à Rome, les présidents américain et français vont enfin se croiser en chair en os après que mi-septembre les États-Unis ont damé le pion à la France dans le dossier des sous-marins australiens. Une pomme de discorde qui a enflammé les rapports transatlantiques et que les chefs d’Etat entendent à présent enterrer.

Qu’ils sont loin les sourires de juin sur la plage de Carbis Bay. C’était le temps du G7, et de la découverte, d’une première rencontre officielle. Ce vendredi, à Rome, en lever de rideau du G20 qui se tiendra dans la capitale italienne de samedi à dimanche, Joe Biden et Emmanuel Macron auront l’occasion d’une nouvelle première rencontre. Mais celle-ci aura quelque chose de plus crispé. Ce sera en effet la première fois que les deux chefs d’État se croisent en chair et en os depuis que la crise autour de la livraison de sous-marins à l’Australie a éclaté, empoisonnant les relations américano-françaises.

C’est le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, qui a annoncé ce rendez-vous mardi. Certes, Paris et Washington, alliés aux liens malgré tout étroits, n’ont jamais rompu leurs contacts et ont déjà repris langue. Antony Blinken, le secrétaire d’État américain, a fait le voyage jusqu’au Quai d’Orsay début octobre pour commencer d’adoucir le tableau, en y promenant sa francophilie et sa francophonie.

Les deux présidents eux-mêmes ont eu l’occasion de se parler par deux fois. Mais ces échanges s’étaient en revanche tenus par téléphone, et insuffisants sans doute au vu du passif australien.

C’est la conclusion à la mi-septembre entre les États-Unis, le Royaume-Uni et surtout l’Australie du partenariat AUKUS qui a mis le feu aux poudres. Aux termes de ce programme, Canberra ira trouver ses prochains sous-marins à propulsion nucléaire auprès du grand-frère américain qui partagera de plus sa technologie dans le domaine.

Ainsi, les États-Unis damaient le pion à la France, qui voyait du même coup ce qui avait été surnommé le « contrat du siècle » au moment de sa signature en 2016 être annulé sans préavis. L’Australie s’était initialement engagée à acheter douze sous-marins à propulsion conventionnelle de fabrication française – de modèle shortfin Barracuda – auprès du constructeur hexagonal Naval Group. Une commande dont le devis le plus récent se montait tout de même à 90 milliards de dollars australiens (soit 55 milliards d’euros).

La première livraison était prévue à l’horizon 2030. Elle n’aura donc jamais lieu. Un manque à gagner cruel pour le France et surtout une profonde source d’humiliation qui a même poussé l’Élysée à rappeler un temps ses ambassadeurs d’Outre-Atlantique et dans la plus grande île d’Océanie.

Une situation de tension extrême qui n’a donc pas duré et que la rencontre de Rome entend résoudre de manière plus satisfaisante. La nécessité de ce rapprochement s’explique bien sûr par l’alliance historique entre les États-Unis et la France – l’impossibilité sans doute pour la seconde de se passer des premiers.

De surcroît, les deux pays doivent continuer à travailler de concert sur des dossiers internationaux brûlants, avec en haut de la pile la définition de positions communes sur l’Afghanistan repris par les talibans dans les derniers jours du retrait des troupes américaines, et la crise ouverte à cette occasion.

Enfin, comme nous le mentionnions dès mardi, le « Château » a un besoin plus pressant encore de laisser les morts enterrer les morts: l’exécutif attend des États-Unis qu’ils appuient son projet d’avancer quant à la mise sur pied d’une défense européenne, serpent de mer vieux déjà de trois décennies.

Les discussions entre les gouvernements ne s’arrêteront pas à Rome. La vice-présidente américaine Kamala Harris est d’ailleurs attendue à Paris dans le courant du mois de novembre.