La bâtonnière de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Marie Suzy Legros, a exprimé, mercredi, son inquiétude en ce qui a trait à la disparition mystérieuse, au greffe du Tribunal de Première Instance de cette juridiction, des pièces à conviction dans le cadre du dossier de Me Monferrier Dorval, assassiné le 28 août dernier.

« Le lundi 19 octobre 2020, à notre grande surprise, nous avons appris une grande nouvelle. C’est avec une grande inquiétude que nous voyons nos pires craintes se réaliser… », a laissé entendre, d’entrée de jeu, la bâtonnière, lors d’une conférence de presse, mercredi.

La disparition soudaine des corps du délit constituant le dossier de Me Dorval est d’autant plus inquiétante qu’il n’y a pas eu de « bri de serrure », que la « porte n’a pas été forcée », lors du cambriolage du greffe du TPI de Port-au-Prince.

« Le Conseil est interpellé par la facilité avec laquelle les corps du délit ont disparu et constate l’absence totale de mesures pour sécuriser le dossier…», a seriné Mme Legros soulignant que la disparition des pièces à conviction est un fait récurrent dans les assassinats de grandes figures de la société dont la voix s’élevait pour éclairer et servir.

Comme pour dénoncer une ‘’vieille pratique’’ inhérente à la justice haïtienne, la bâtonnière de l’Ordre des Avocats rappelle que dès qu’un dossier pénal à caractère emblématique se trouve au greffe pénal, la porte est ouverte et le dossier disparait.

Soulignant qu’il est évident qu’une parodie de procès est en train de se planifier, elle a fustigé, sans les citer nommément, le comportement des acteurs judiciaires qui s’en font complices.

« Ce qui ont assassiné Me Dorval, œuvrent à corrompre l’intégrité du processus et à assurer que les avocats et la société ne reçoivent pas la justice effective qu’ils réclament », a déclaré véhémentement la première femme bâtonnière en Haïti, exigeant ainsi de la part du CSPJ l’ouverture célère d’une enquête pour établir les responsabilités concernant la disparition des pièces du dossier.

Rappelons que l’assassinat du bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince, Me Monferrier Dorval, le 28 aout 2020, à Pèlerin 5, non loin de la résidence du président de la République, Jovenel Moïse, s’apparente, de l’avis de plus d’un, à un crime d’État.

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