L’Afghanistan est désormais aux mains des talibans. Depuis dimanche, les pays occidentaux rapatrient en urgence leurs personnels diplomatiques, leurs ressortissants et plaident, dans un communiqué commun, pour que les talibans laissent partir les civils afghans désireux de le faire.L’Afghanistan est désormais aux mains des talibans. Depuis dimanche, les pays occidentaux rapatrient en urgence leurs personnels diplomatiques, leurs ressortissants et plaident, dans un communiqué commun, pour que les talibans laissent partir les civils afghans désireux de le faire.

L’Afghanistan est désormais aux mains des talibans. Depuis dimanche, les pays occidentaux rapatrient en urgence leurs personnels diplomatiques, leurs ressortissants et plaident, dans un communiqué commun, pour que les talibans laissent partir les civils afghans désireux de le faire.

C’est comme la rumeur d’un effondrement, dont l’écho retentirait dans toutes les capitales du monde. L’Afghanistan appartient de nouveau aux talibans. En l’espace de quelques semaines, à la faveur d’une offensive fulgurante déclenchée en mai et qui s’est accélérée ces dernières semaines, ceux-ci ont repris possession de ce pays dont ils tenaient déjà les rênes il y a vingt ans, avant d’en être délogés par les États-Unis en 2001.

Le retrait des troupes américaines leur aura laissé une place vacante et exposé un pouvoir local sans force face à leur milice islamiste. Depuis dimanche, les pays occidentaux évacuent donc en catastrophe leurs ressortissants, à commencer par le personnel de leur ambassade.

Et tandis qu’Emmanuel Macron doit tenir un Conseil de Défense sur le dossier afghan ce lundi midi, l’armée a déjà lancé l’opération APAGAN, qui doit vider Kaboul de ses derniers Français.

C’est l’aboutissement d’un processus initié il y a quelques semaines, quand l’Hexagone a demandé aux Français de quitter ce pays dont les contrées rurales, puis les capitales de province commençaient de tomber une à une dans l’escarcelle de ceux qui se désignent sous le nom – à l’origine à la fois pachtoune et arabe – d' »étudiants ».

Ce dimanche, l’ambassadeur français à Kaboul, David Martinon, a filmé son départ et l’a relayé sur Twitter.

Il s’agit désormais de permettre à l’ensemble des ressortissants de l’Hexagone de quitter les lieux. C’est ici qu’intervient l’opération APAGAN mise en place par l’armée de l’Air. Elle implique deux appareils de transport militaire. Le premier, un C-130, a décollé de la base d’ Évreux dans la nuit de dimanche à lundi. Le second – un A400M, un avion plus vaste encore et qui sera lesté d’une quarantaine de militaires – s’est détaché de la piste de la base d’Orléans aux alentours de 8 heures ce lundi.

L’objectif est ensuite fixé, non pas sur Kaboul directement, mais sur les Emirats arabes unis où la France a mis en place un dispositif interarmées qui prendra en charge les navettes avec la capitale afghane pour les prochains jours.

Anne Genetet, députée LaREM de la 11e circonscription des Français établis à l’étranger et vice-présidente du groupe d’amitié France-Afghanistan, a fait le point ce lundi sur BFMTV sur les populations qu’il reste à évacuer. Selon elle, c’est d’ailleurs moins l’affaire de nos ressortissants, que de leur cercle rapproché parfois composé de locaux.

« Aujourd’hui, il reste quelques dizaines de Français, peut-être un peu plus si on compte ce qu’on appelle ‘les familles’, c’est-à-dire les personnes sous protection rapprochée, des personnes qui ne sont pas forcément de nationalité française mais font partie de leur famille », a-t-elle glissé.

« Ces gens ont été contactés, il leur a été demandé de se rapprocher le plus rapidement possible de l’aéroport international de Kaboul », a achevé la parlementaire.

L’aéroport international, c’est à peu près la seule structure dont les puissances étrangères ont encore le contrôle à Kaboul. Pour s’en assurer, les Américains doivent encore renforcer leur présence sur place, en portant leur contingent à 6000 soldats – assistés d’ailleurs de militaires britanniques et de ce qu’il subsiste de l’armée afghane .

Ceux-ci seront censés sécuriser l’endroit et le trafic aérien. L’enjeu est très lourd: au total, on projette des évacuations de 5000 personnes quotidiennement et plusieurs jours durant depuis ce tarmac.

Les autorités françaises et américaines ne sont pas les seules à évacuer leurs ressortissants maintenant que le pouvoir du président Ashraf Ghani est à terre. Le Canada, le Danemark, la Norvège ou encore les Pays-Bas font de même.

La délégation russe, elle, a affiché une certaine sérénité, manifestant sa volonté de rester à Kaboul. La Russie affirme ainsi ne rien avoir à craindre du régime des talibans.

Dans une vidéo, l’ambassadeur Dimitri Zhirnov a développé: « L’important est que les talibans soient intéressés par une transition pacifique du pouvoir comme ils nous le promettent. Ils garantissent la sécurité des ambassades étrangères, y compris la nôtre. »

Visiblement moins convaincus, 66 pays, dont la France et les Etats-Unis, se sont unis pour envoyer un communiqué commun aux talibans. La proclamation reconnaît d’ailleurs de facto la victoire talibane en s’adressant à « ceux qui se trouvent en situation de pouvoir et d’autorité en Afghanistan ». « Ils portent la responsabilité de la protection des vies humaines et de la restauration de l’ordre civil », continuent les signataires.

Sur le fond, ceux-ci réclament non seulement que leurs ressortissants soient épargnés mais encore que les civils afghans qui souhaiteraient fuir soient autorisés à le faire. Pourtant, cet humanisme affiché à l’écrit par les Occidentaux se heurte à la panique et à l’urgence dès l’aéroport. Devant l’envahissement des pistes par des milliers d’Afghans, les soldats américains ont ainsi tiré en l’air. Des scènes de chaos visibles dans des vidéos circulant sur Twitter.

Le message publié en anglais par le compte diffusant la vidéo ci-dessous est éloquent. Il reproduit en tout cas l’état d’esprit qui fait en ce moment le fond de l’air en Afghanistan: « Les gens sont livrés à eux-mêmes pendant que le monde regarde en silence. Le seul conseil sensé à donner aux Afghans… COUREZ ».