Le pays, désormais gouverné par les talibans, voit sa population confrontée à une grave crise alimentaire. Cet hiver, des millions d’Afghans seront contraints de choisir entre migrer ou mourir de faim, avertit un responsable de l’ONU.Le pays, désormais gouverné par les talibans, voit sa population confrontée à une grave crise alimentaire. Cet hiver, des millions d’Afghans seront contraints de choisir entre migrer ou mourir de faim, avertit un responsable de l’ONU.

Le pays, désormais gouverné par les talibans, voit sa population confrontée à une grave crise alimentaire. Cet hiver, des millions d’Afghans seront contraints de choisir entre migrer ou mourir de faim, avertit un responsable de l’ONU.

Après la crise politique vient la crise humanitaire. Deux mois après le retour au pouvoir des talibans en Afghanistan, le pays est confronté à une situation critique: plus de la moitié de sa population sera cet hiver en situation d’insécurité alimentaire aigüe.

Le cri d’alarme, venu des agences des Nations unies, a également été relayé par plusieurs médias dont la BBC. Le média britannique, tout en rapportant que les fonds étrangers ont cessé avec l’arrivée des talibans à Kaboul, avance le chiffre d’au moins un million d’enfants afghans susceptibles de mourir faute de traitements et/ou de nourriture.

Devant cette catastrophe, plusieurs familles n’ont d’autre choix que de vendre certains de leurs enfants pour pouvoir s’acheter de quoi manger.

« Mon autre enfant meurt de faim donc nous devons vendre ma famille », explique à Herat une mère afghane aux journalistes de la BBC, « Comment puis-je ne pas être triste? C’est mon enfant […] j’aurais souhaité ne pas avoir à le faire ».

« Nous mourons de faim. Nous n’avons plus de farine, plus d’huile à la maison. Nous n’avons plus rien », explique le père de famille face caméra, « ma fille ne sait pas quel sera son avenir. Je ne sais pas comment elle le prendra mais je devais le faire ». Leur fille restera auprès d’eux jusqu’à ce qu’elle marche, elle sera alors récupérée par celui qui l’a achetée pour environ 500 dollars, de quoi permettre à la famille de subvenir à ses besoins pendant plusieurs mois.

Des histoires comme celles-ci s’observent aussi à Kaboul, où une équipe de France 2 a pu rencontrer une autre famille en provenance du centre de l’Afghanistan. Arrivés dans la capitale, les parents se sont résignés à vendre leur second enfant pour nourrir leur fils aîné. Nos confrères précisent que c’est un couple d’Aghans ne pouvant avoir d’enfants qui leur ont fait cette proposition.

« Une personne nous a proposé d’acheter notre enfant, on est devenus tellement pauvres en deux mois qu’on doit s’y résoudre, notre fille a un mois et deux jours », explique le père de l’enfant à nos confrères de France Télévisions. « On n’a pas encore fixé le prix, ils nous ont dit ‘venez chez nous cette semaine et on discutera' », raconte la mère de famille.

L’Afghanistan est dévasté par plus de quatre décennies de conflit et souffre des conséquences du réchauffement climatique, source de sévères sécheresses en 2018 et 2021. Son économie est au point mort depuis l’arrivée au pouvoir des talibans, qui a amené la communauté internationale à geler l’aide sur laquelle elle reposait très largement.

Selon le Programme alimentaire mondial, plus de la moitié de la population afghane – soit 22,8 millions de personnes -, connaîtra bientôt une insécurité alimentaire aiguë, en raison des effets combinés de la guerre, du réchauffement climatique et des crises économique et sanitaire. C’est le chiffre le plus élevé depuis que l’ONU a commencé à analyser ces données en Afghanistan il y a dix ans.

« Cet hiver, des millions d’Afghans seront contraints de choisir entre migrer ou mourir de faim, à moins que nous ne puissions intensifier notre aide pour sauver des vies », a déclaré David Beasley, le directeur exécutif du Programme alimentaire mondial (PAM), dans un communiqué publié conjointement avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). « L’Afghanistan est maintenant parmi les pires catastrophes humanitaires au monde, si ce n’est la pire », a confirmé David Beasley.

Très inquiètes à l’approche de l’hiver, les agences de l’ONU ont prévenu que leur réponse humanitaire serait affectée par le manque de ressources. Elles n’ont reçu pour l’heure que le tiers des fonds dont elles ont besoin.

La communauté internationale a promis des centaines de millions de dollars d’aide mais cherche un mécanisme pour verser cet argent directement, sans passer par le gouvernement taliban.

La FAO a un besoin urgent de 11,4 millions de dollars (9,8 millions d’euros) et elle cherche 200 millions de dollars supplémentaires pour la saison agricole 2022.

« La faim augmente et les enfants meurent. Nous ne pouvons nourrir les gens avec des promesses. Les engagements financiers doivent se transformer en argent réel », conclut David Beasley.