Avec « Le père de Nafi », le Sénégalais Mamadou Dia signe un film esthétique, complexe et juste

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Laure Manent et Thomas Baurez évoquent les sorties cinéma de la semaine, et notamment « Le père de Nafi » de Mamadou Dia, une histoire d’amour contrariée entre deux jeunes Sénégalais d’un petit village qui rêvent de modernité et d’ailleurs… Pureté et beauté de la mise en scène, scénario qui désamorce toute facilité pour explorer la complexité du récit, interprétation juste et sobre : ce premier long métrage d’un jeune cinéaste remarqué au Festival de Locarno en 2019 est une réussite complète.

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À l’Affiche revient également sur l’incontournable « Nomadland » de Chloé Zhao, Lion d’or à Venise en septembre 2020 et triplement oscarisé en avril. Dans ce film, l’actrice Frances McDormand va à la rencontre de ces Américains déclassés après la crise des subprimes et qui ont choisi de vivre sur la route. « Nomadland » est inspiré du livre de la journaliste Jessica Bruder et c’est Frances McDormand qui a sollicité la réalisatrice chinoise pour lui demander de l’adapter sur grand écran. À mi-chemin entre documentaire et œuvre fictionnelle, le film joue la carte de la modestie et des grands espaces du Sud du Dakota, mais n’examine peut-être pas assez la noirceur d’un monde en crise.

Enfin avec « 200 mètres », le réalisateur palestinien Ameen Nayfeh signe son premier long-métrage. Il raconte l’histoire d’une famille palestinienne qui vit dans deux maisons situées à deux cents mètres l’une de l’autre mais séparées par le mur érigé en 2002 entre Israël et la Cisjordanie. Ce drame politique résonne forcément avec l’actualité mais il glisse aussi vers le thriller.