Le 17 novembre 2020 a marqué le début d’une stratégie mondiale inédite pour éliminer le cancer du col de l’utérus. Ce sont 194 pays engagés autour de trois objectifs pour endiguer la progression de ce cancer, le 4e le plus fréquent chez les femmes, et sauver des millions de vie.

Le 17 novembre 2020, 194 pays se sont engagés, sous la houlette de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), à combattre le cancer du col de l’utérus. Cette stratégie mondiale, la première du genre destinée à vaincre un cancer, s’articule autour de trois axes : la vaccination, le dépistage et le traitement.

« L’énorme fardeau de la mortalité liée au cancer du col de l’utérus est la conséquence de décennies de négligence de la part de la communauté mondiale de la santé. Cependant, le scénario peut être réécrit, » a déclaré la sous-directrice générale de l’OMS, la docteure Princess Nothemba Simelela.

Le cancer du col de l’utérus est le 4e cancer le plus répandu chez les femmes. Il est provoqué par un virus, le papillomavirus humain (HPV). Si rien n’est fait, l’OMS estime que le nombre de cas devrait passer de 570.000 à 700.000 par an d’ici 2030, et le nombre de décès annuel associé à cette maladie, de 310.000 à 400.000. Le cancer du col de l’utérus n’épargne aucune contrée mais il est dévastateur dans les pays à faible revenu. L’incidence de ce cancer y est deux fois plus élevé et la mortalité associée trois fois plus importante chez les femmes les moins favorisées.

Pour endiguer la progression de cette maladie, l’OMS propose trois objectifs à atteindre d’ici 2030 :

  • vacciner 90 % des jeunes filles contre le HPV avant leur 15 ans ;
  • un dépistage réalisé à 35 et 45 ans pour 70 % des femmes ;
  • traiter 90 % des femmes diagnostiquées pour un cancer du col de l’utérus, tout comme celles présentant des lésions précancéreuses.

Si ces trois étapes sont atteintes, l’OMS espère voir l’incidence du cancer du col de l’utérus diminuer de 40 % et sauver 5 millions de personnes d’ici 2050. Une stratégie ambitieuse qui débute dans un contexte sanitaire difficile, où tous les efforts sont tournés vers la lutte contre la Covid-19, au détriment du dépistage et du traitement d’autres maladies. La question du cancer du col de l’utérus dépasse aussi celle de la santé publique puisqu’elle est intimement liée à celle des droits des femmes et de leur accès aux soins.

L’OMS a estimé que, pour chaque dollar investi par les États-Unis jusqu’en 2050, c’est l’équivalent de 26 dollars qui rejoindra l’économie du pays en raison de la contribution des femmes à sa dynamique ainsi qu’au marché du travail, et des avantages, liés à l’amélioration de leur santé, dont bénéficieront les familles, les communautés et les sociétés.

Si la stratégie de l’OMS aboutit, le fardeau du cancer du col de l’utérus pourrait n’être qu’un lointain mauvais souvenir.

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