Dans les montagnes de Chine, une fleur a récemment décidé de prendre son destin en main (métaphoriquement), afin de se préserver des cueilleurs menaçant sa quiétude. La fritillaire a ainsi abandonné sa tenue jaune citron pour une tenue plus discrète.

Connaissez-vous la fritillaire, cette charmante fleur – membre de la famille des lys – dont les pétales souvent ornés de motifs en damier ont tenté plus d’un randonneur de la cueillir sans plus de cérémonie ? C’est à cause de ce comportement quelque peu importun que les dernières évolutions de la plante l’ont menée à se confondre de plus en plus avec le paysage. En effet, en Chine, les chercheurs ont noté que la variété Fritillaria delavayi avait récemment abandonné sa robe jaune-vert pour adopter des tonalités marron, la rendant impossible à discerner sur fond de pente caillouteuse.

Endémique des monts Hengduan, notre fritillaire point le bout de ses pétales à plus de 3.000 mètres, sur les pentes rocheuses et sableuses. (Les adeptes de randonnée alpine auront peut-être déjà rencontré sa sœur, la fritillaire pintade, parée pour sa part de somptueuses teintes de fuchsia.) Après un bref été, la plante abandonne ses feuilles et passe l’hiver à faire croître son bulbe, solidement ancré sous terre. Ce n’est qu’au bout de cinq ans que son unique fleur, d’un jaune tirant sur le vert, émerge enfin, lui donnant l’air d’un minuscule drapeau coloré, planté dans la pierre.

Si la partie superficielle de la fritillaire est toxique, son bulbe, utilisé en médecine traditionnelle, se vend à prix d’or. Face à l’afflux des cueilleurs arpentant les pentes pour récolter ses consœurs, la fritillaire a récemment changé de stratégie, constatent les chercheurs dans un article paru dans la revue Current Biology. Les fleurs sombres aux teintes marron ont progressivement pris le dessus dans les régions où la cueillette est la plus intense, tandis que dans les régions épargnées, c’est le jaune qui continue de prévaloir. Comme d’habitude, la sélection naturelle fait bien les choses, et il faut espérer que cette fleur ne sera pas menacée de sitôt.

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