Après le départ anticipé des troupes américaines, les fondamentalistes sont désormais les seuls maîtres à Kaboul.Après le départ anticipé des troupes américaines, les fondamentalistes sont désormais les seuls maîtres à Kaboul.

Après le départ anticipé des troupes américaines, les fondamentalistes sont désormais les seuls maîtres à Kaboul.

« Nous avons écrit l’Histoire. » Quelques minutes seulement après l’annonce du départ du dernier soldat américain d’Afghanistan, au terme d’une douloureuse guerre de vingt ans entamée au lendemain des attentats du 11-Septembre, les talibans se sont réjouis par la voix d’Anas Haqqani, l’un de leurs responsables, de ce qu’ils considèrent comme une nouvelle indépendance. Le pays est désormais officiellement aux mains de l’autoproclamé Émirat islamique d’Afghanistan.

« Félicitations à l’Afghanistan (…) Cette victoire est la nôtre à tous », a de son côté dit Zabihullah Mujahid, le porte-parole des fondamentalistes, depuis l’aéroport de Kaboul. « C’est une grande leçon pour d’autres envahisseurs et pour notre future génération. C’est aussi une leçon pour le monde. »

Ce dernier a souligné vouloir de « bonnes relations » diplomatiques avec les États-Unis. De leur côté, les Américains « travailleront » avec les talibans s’ils « tiennent leurs engagements », a affirmé lundi le secrétaire d’État Antony Blinken.

En parallèle, quelques instants après le décollage du dernier C-17 de l’armée américaine, plusieurs coups de feu de célébration ont été tirés en l’air à Kaboul, ainsi qu’un feu d’artifice.

Un feu d’artifice tiré à Kaboul (Afghanistan), le 31 août 2021, après le départ des Américains du pays. © AFP

Comme le relate le Guardian, la nuit de lundi à mardi a également été l’occasion pour les talibans de prendre complètement le contrôle de l’aéroport de la capitale, autour duquel ils sont stationnés depuis plusieurs semaines et où un attentat a fait plusieurs dizaines de morts jeudi passé.

Dans une vidéo publiée par un journaliste du Los Angeles Times, on peut voir les soldats talibans, équipés de matériel de l’US Army, pénétrer dans un bâtiment militaire où les Américains ont laissé derrière eux plusieurs hélicoptères ainsi que des véhicules blindés. Avant leur départ, les États-Unis ont toutefois pris soin de « démilitariser » les appareils encore sur place, a assuré le chef du commandement central de l’armée américaine, le général Kenneth McKenzie.

Des tractations sont actuellement en cours afin de savoir par qui l’aéroport de Kaboul sera dirigé, rappelle le Guardian. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a affirmé que de premiers pourparlers ont eu lieu avec les talibans qui, selon lui, souhaitaient superviser la sécurité de l’aéroport, tout en permettant à la Turquie de gérer sa logistique. Mais le chef d’État s’est montré réticent vis-à-vis de ce scénario.

Le retrait militaire américain s’est achevé 24 heures avant la fin de la journée du 31 août, date butoir fixée par le président Biden. Le président s’adressera mardi à ses concitoyens, nombreux à se demander à quoi auront finalement servi ces deux décennies d’engagement en Afghanistan.

Le Pentagone a reconnu lundi n’avoir pas pu faire sortir d’Afghanistan autant de personnes que voulu. De vives critiques de l’opposition républicaine ont suivi l’annonce de cet échec.

Le président a abandonné « des Américains à la merci de terroristes », a ainsi déclaré le chef des républicains à la Chambre des représentants Kevin McCarthy.

Washington continuera à « aider » tous les Américains qui veulent quitter l’Afghanistan, a assuré lundi soir Antony Blinken. Ils seraient encore de 100 à 200 encore en Afghanistan, selon le secrétaire d’État américain, qui a annoncé un transfert à Doha, au Qatar, des activités diplomatiques et consulaires de l’ambassade des États-Unis à Kaboul.