Le film « Atlantique », de la réalisatrice franco-sénégalaise Mati Diop, dépeint la situation des migrants et de la jeunesse. Il a ouvert samedi la projection des œuvres de la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), au Burkina Faso.

Publicité

« C’est la première, c’est le film qui lance toutes les projections qui vont suivre. C’est sûr que, tout au long de la semaine, on aura pas mal de films qui vont nous égayer », a déclaré la ministre burkinabè de la Culture, Élise Thiombiano, à Ouagadougou samedi 16 octobre. « Atlantique » raconte la traversée en mer d’un jeune migrant depuis les côtes sénégalaises.

Le film retrace l’histoire d’Ada (incarnée par Mama Sané), dans une banlieue populaire de Dakar. Elle est amoureuse de Souleiman (joué par Ibrahima Traoré), ouvrier sur un chantier et sans salaire depuis des mois. Le jour où Souleiman décide de quitter le pays par la mer pour chercher un avenir meilleur en Europe, la vie d’Ada bascule.

Plongée dans une attente angoissante, la jeune fille, qui doit épouser un autre homme dans le cadre d’un mariage arrangé, se retrouve au bout de quelques jours au cœur de phénomènes étranges : un incendie a lieu pendant sa fête de mariage et des fièvres inexpliquées frappent les filles du quartier, tandis que certains affirment avoir vu Souleiman.

« Je souhaitais laisser une trace d’un chapitre de l’histoire contemporaine sénégalaise, en particulier de la jeunesse qui a disparu en mer en tentant de rejoindre l’Espagne. C’est un phénomène, une situation économique et politique d’une grande violence », a expliqué la réalisatrice Mati Diop à l’issue de la projection.

« C’est un film à la fois triste et poignant qui interroge sur la politique à destination de la jeunesse, qui chôme, en manque d’espoir et parfois contraint d’aller mourir en mer, avec pour seul rêve un virtuel eldorado », a réagi Dramane Konate, un spectateur de 44 ans. « Atlantique », récompensé par le Grand prix au Festival de Cannes en 2019, est projeté hors compétition.

La pandémie de Covid-19 a entraîné un report de huit mois du Fespaco, ce rendez-vous du 7e art qui a lieu tous les deux ans dans la capitale burkinabè. Le Sénégal est le pays invité de cette 27e édition, qui enregistre 1 132 films inscrits, dont 239 ont été retenus pour la compétition officielle.

Cette année, 17 films sont en lice dans la catégorie long métrage de fiction, en vue de décrocher l’Étalon d’or du Yénnenga, récompense suprême du Fespaco, et succéder à « The Mercy of the jungle » du Rwandais Joël Karekezi, primé en 2019. Le jury de la 27e édition est présidé par le réalisateur et producteur mauritanien Abderrahmane Sissako, lauréat du César du meilleur film pour « Timbuktu » en 2015.

Avec AFP