Dans un pays désormais placé sous une chape de plomb par l’armée, les ministres interpellés ont été emmenés vers un lieu inconnu.Dans un pays désormais placé sous une chape de plomb par l’armée, les ministres interpellés ont été emmenés vers un lieu inconnu.

Dans un pays désormais placé sous une chape de plomb par l’armée, les ministres interpellés ont été emmenés vers un lieu inconnu.

Depuis avril 2019 et la chute du régime d’Omar El-Béchir, le Soudan est enfoncé dans une grave crise politique et institutionnelle. Ce lundi, une nouvelle étape a été franchie lorsque les forces armées du pays ont arrêté les dirigeants civils, avec qui ils se partageaient le pouvoir, dont le Premier ministre en raison de son refus de soutenir leur « coup d’Etat ». Une insurrection annoncée par le ministère de l’Information, aux mains de l’armée, après des semaines de tensions entre militaires et civils se partageant le pouvoir depuis plus de deux ans.

Au cours de la journée, le général Abdel Fattah al-Burhane, à la tête de la transition soudanaise, et donc de l’armée, doit prendre la parole à l’antenne de la télévision d’état qui a été prise d’assaut par ses soldats.

Dans un pays où internet a été coupé et où les télécommunications sont de plus en plus aléatoires, seul un canal subsiste: des communiqués du ministère de l’Information mis en ligne sur Facebook.

« La plupart des ministres et les membres civils du Conseil de souveraineté ont été arrêtés » et ce, « par des forces militaires », a-t-il d’abord annoncé.

Puis, a-t-il ajouté, « après qu’il a refusé de soutenir le coup d’Etat, des forces armées ont arrêté le Premier ministre Abdallah Hamdok et l’ont emmené vers un lieu non identifié ».

C’est un « coup d’Etat militaire », dénonce l’Association des professionnels, l’un des fer de lance de la révolte de 2019 qui a mis fin à 30 années de dictature d’Omar el-Béchir dans ce pays d’Afrique de l’Est, l’un des plus pauvre au monde.

Les États-Unis, dont l’émissaire était la veille encore dans le bureau du Premier ministre, Abdallah Hamdok, aujourd’hui en détention, se sont dits « profondément inquiets ».

Ces annonces d’une prise de pouvoir par les militaires vont « à l’encontre de la déclaration constitutionnelle » qui régit la transition dans le pays » et des aspirations démocratiques du peuple soudanais », a tweeté l’émissaire américain pour la Corne de l’Afrique, Jeffrey Feltman.

Quelques heures plus tard, l’émissaire de l’ONU au Soudan Volker Perthes a qualifié d' »inacceptables » ces arrestations et s’est dit « très inquiet des informations sur un coup d’Etat ». « J’appelle les forces armées à relâcher immédiatement les détenus », ajoute-t-il.