De Radio Sensation FM aux Gonaïves où tout a commencé, à Radiotélévision Caraïbes, Johnny Ferdinand continue de construire petit à petit sa brillante carrière. Passionné du journalisme dès son plus jeune âge, Johnny a déjà créé sa place dans le paysage médiatique haïtien. De simple Reporter à Présentateur du plus grand journal de la Radio Caraïbes (Premye Okazyon), le natif de la Cité de l’Indépendance a gravi les échelons au sein de la grande Dame (RTVC) où il travaille depuis 2015.

Sa passion et son amour démesurés pour le journalisme ne datent pas d’aujourd’hui. C’est depuis sur les bancs de l’école classique que son intérêt pour ce métier avait commencé à se manifester. En salle de classe, en l’absence de ses professeurs, Johnny Ferdinand s’improvisait toujours journaliste, afin de donner des informations sur la vie privée de ses camarades. « Alors que j’étais en secondaire, j’avais créé une rubrique baptisée ‘’TI KOZE SOU KLAS LA’’. Une rubrique à travers laquelle j’informais toute la classe sur l’initiative de certains élèves…Mwen menm konn met ti sekrè élèv yo deyò, di kiyès ki renmen ak lòt, kiyès ki pa byen ak lòt », raconte-t-il, sourire aux lèvres.

Dès l’enfance, le passionné du football était attiré par la Radio. Il écoutait toujours Métropole, Radio Vision 2000, Radio Ginen et Radio One, les seules stations qu’on pouvait capter dans la Cité de l’Indépendance à l’époque. « Mon rêve, ce n’était pas de travailler dans une salle des nouvelles comme reporter ou présentateur. Je voulais, de préférence, devenir journaliste culturel comme Carel Pedre, Jean Mary Simon et Luckner (Lucko) Désir », a fait savoir Johnny, avant de préciser qu’il ne s’agit pas du Lucko reconverti en analyste politique à travers l’émission « Matin Débat », mais celui qui animait l’émission Vision Konpa sur le 99.33.

Johnny était en classe de 3ème secondaire (NS-I) lorsqu’il avait pris la parole pour la première fois à la Radio. C’était sous l’invitation de son aîné au Collège Immaculée Conception, Frantz Joseph qui animait l’émission « Amalgame » sur Gonaïves FM. Après cette petite expérience dont il est sorti joyeux, le jeune homme a commencé à voler de ses propres ailes. Il a fait une deuxième expérience à Radio 2004 avant de s’installer à Radio Sensation où il animait l’émission « Ayiti Bagèt Konpa ». « C’était l’une de mes plus belles expériences. Dans un laps de temps, j’étais devenu Directeur de programmation de cette station de Radio, alors que j’étais en Philo. J’avais même l’habitude de sécher quelques cours pour aller parler à la Radio », raconte le Gonaïvien.

Johnny Ferdinand est né le 11 janvier 1991, à Puillboreau, dans la commune d’Ennery, mais a grandi aux Gonaïves (Artibonite), une commune qu’il porte dans son cœur. Dans sa famille, il est le premier fils, du côté paternel, et deuxième, du côté maternel. Quelques mois après sa naissance, ses parents se sont séparés. Ainsi, sa mère a décidé de rentrer avec lui, bébé étant, à Port-au-Prince. Malheureusement, la maman n’a pas eu le temps de chérir son fils, de lui offrir tout le bonheur voulu, l’amour maternel, bref de le voir grandir, car elle est décédée en 1996, alors que Johnny n’avait que 5 ans. Après la mort de sa tendre maman, le fils de la Cité de l’Indépendance a fait son retour au bercail pour rejoindre le toit de son père. Là-bas, il a passé toute son enfance. « C’est aux Gonaïves que j’ai vécu toute mon adolescence et une bonne partie de ma jeunesse, c’est une ville que j’aime beaucoup », confie-t-il.

Le natif Capricorne a fait ses études primaires aux Collèges Désinor Dérivois et Rose Durocher rebaptisé maintenant Institution Mixte Saint-Viateur. Pour ses études secondaires, il a fréquenté le Collège Immaculée Conception (CIC). En 2012, Johnny a eu son bac avec succès à Port-au-Prince après avoir essuyé un échec l’année précédente aux Gonaïves. Ses études secondaires une fois bouclées, est venu le temps pour Johnny d’apprendre le métier qu’il a tant rêvé : le Journalisme. S’il voulait intégrer EXCEL, l’ancienne école de journalisme créée et dirigée par le Journaliste Valéry Numa, c’est à l’ISNAC (Centre de Formation en Administration et en Communication) que Johnny a appris le Journalisme ; car EXCEL n’existait plus à l’époque.

Après avoir acquis son diplômé en journalisme au prix de grands efforts, Johnny s’installe définitivement à Port-au-Prince. Là, il va faire face à la dure réalité de la vie. Si aux Gonaïves il ne connaissait pas trop de difficultés pour répondre à ses besoins, dans la capitale c’est tout le contraire. « Les choses n’étaient pas aussi roses pour moi comme c’est le cas pour la grande majorité des jeunes qui ont laissé leurs villes de province pour venir étudier dans la capitale haïtienne. C’est chez un oncle que je séjournais à Delmas 65. Je faisais de longs trajets à pieds… », témoigne l’ancien étudiant de l’Institut Français.

Même si le fan du Réal Madrid avait l’habitude de présenter et d’animer plusieurs émissions dans différentes stations de Radio dans sa ville d’origine, sa carrière professionnelle allait cependant vraiment démarrer en 2015. Tout a commencé avec un stage à Radio Espace FM (94.1). Après des tests audio et écrits, sur plusieurs dizaines de candidats, il a été retenu. Peu de temps après, soit en août de la même année, à la demande du PDG Patrick Moussignac, Johnny Ferdinand a laissé la rue Marcelin pour déposer sa valise à la ruelle Chavannes. C’est une nouvelle expérience qui commence pour lui chez la grande Dame Caraïbes. Depuis, il travaille sans relâche. Il a commencé comme journaliste-reporter pour devenir, après, présentateur du journal « Bon Pawòl », avant de retrouver Marc Guerson Philistin au journal « Dènye Okazyon ».

Depuis son arrivée à la RTVC, son rêve le plus cher, c’était de présenter l’émission « RANMASE », étant attiré par le format de ce show diffusé tous les samedis. Il n’a pas pris trop de temps pour voir la concrétisation de son rêve. Jean Monard Metellus, animateur vedette de l’émission, étant en déplacement à l’étranger pour un mois, c’est Johnny Ferdinand qui a pris le relais. « Présenter cette émission, c’était un grand accomplissement pour moi. Je remercie le PDG de la RTVC et Jean Monard Metellus pour la confiance placée en moi », se réjouit Johnny Ferdinand. Le père de trois enfants poursuit petit à petit sa belle carrière à la Radiotélévision Caraïbes. Il est surtout apprécié de certains de ses collègues pour la grande capacité d’analyse dont il fait preuve, toujours. Jacques Thed Dieudonné, technicien à la RTVC, son collègue, le surnomme « l’homme polyvalent ».

Actuellement, Johnny continue son aventure avec Radio Caraïbes au journal « Premye Okazyon » aux côtés de Guerrier Dieuseul, un de ses modèles dans le métier, Pierre Renel René et Lydie Alexandre après le récent départ du journaliste Roberde Céliné dit Bob C. « C’est un honneur pour moi de co-présenter ‘’Gran Boulva’’, parce que non seulement c’est l’émission la plus écoutée de la Radio mais aussi parce que j’ai gravi des échelons pour y arriver », déclare le trentenaire. Il profite pour saluer la manière de coopérer des co-présentateurs notamment Guerrier Dieuseul, co- directeur de la salle des nouvelles de la RTVC, détenteur du leadership du journal.

Dans la tête de Johnny Ferdinand bouillonne mille projets. Du haut de ses 31 ans, il souhaite faire des études en Sciences Juridiques ou en Sciences Politiques. « En dépit de la réalité difficile d’Haïti, je veux m’impliquer dans la politique de mon pays, car je crois que le changement d’Haïti est possible. Il revient à nous les jeunes de provoquer ce changement », soutient-il. Celui qui n’est pas encore marié compte créer une école de journalisme et un média moderne dans la Cité de l’Indépendance au profit de la jeunesse gonaïvienne. Que son rêve se réalise !

Peterson Luxama