Le conflit, qui avait pour but premier d’écarter les talibans d’Afghanistan, se termine par un retour des fondamentalistes au pouvoir dans le pays d’Asie centrale.Le conflit, qui avait pour but premier d’écarter les talibans d’Afghanistan, se termine par un retour des fondamentalistes au pouvoir dans le pays d’Asie centrale.

Le conflit, qui avait pour but premier d’écarter les talibans d’Afghanistan, se termine par un retour des fondamentalistes au pouvoir dans le pays d’Asie centrale.

C’est avec une journée d’avance que les États-Unis ont quitté l’Afghanistan. Dans la nuit de lundi à mardi, le dernier appareil C-17 de l’armée américaine a décollé du tarmac de l’aéroport de Kaboul, laissant le pays aux mains des fondamentalistes talibans qui au cours du mois d’août sont parvenus à reprendre le contrôle sur la région en l’espace de quelques semaines seulement.

Ce départ marque également la fin d’une guerre de vingt ans pour les États-Unis, entamée en 2001, et qui aura coûté la vie à près de 2500 soldats. Le pays était alors à la tête d’une coalition internationale pour chasser Al-Qaïda.

Le 7 octobre, quelques jours seulement après les attentats du 11-Septembre qui ont fait environ 3000 morts, le président George W. Bush déclenche l’opération « Enduring Freedom » en Afghanistan.

Le régime fondamentaliste taliban, à la tête de ce pays depuis 1996, abritait Oussama ben Laden et son mouvement Al-Qaïda, responsables des attentats. En quelques semaines, les talibans sont renversés.

George W. Bush en octobre 2001 © JIM VERCHIO / DOD / AFP

Quelques années plus tard, l’attention des Etats-Unis est détournée de l’Afghanistan lorsque les forces américaines envahissent l’Irak en 2003.

Les talibans et autres groupes islamistes se regroupent dans leurs bastions du Sud et de l’Est, d’où ils peuvent facilement gagner leurs bases des zones tribales pakistanaises. Ils déclenchent une insurrection. En 2008, le président Bush décide toutefois de l’envoi de renforts.

En cette fin d’année, Barack Obama, élu à la Maison Blanche après avoir fait campagne sur la fin des guerres d’Irak et d’Afghanistan, amplifie massivement le déploiement militaire américain. Il annonce l’envoi de 30.000 soldats supplémentaires et affirme que les troupes américaines commenceront à rentrer chez elles après 18 mois.

Mi-2011, plus de 150.000 soldats étrangers sont présents en Afghanistan, dont 100.000 Américains.

Oussama ben Laden est tué le 2 mai 2011 au cours d’une opération des forces spéciales américaines au Pakistan.

Des soldats américains en Afghanistan, en 2009 © MANPREET ROMANA / AFP

Le 31 décembre 2014, l’Otan met fin à sa mission de combat en Afghanistan. Restent 12.500 soldats étrangers, dont 9800 Américains, pour former les troupes afghanes et mener des opérations antiterroristes.

Le niveau de sécurité se dégrade à mesure que l’insurrection des talibans s’étend, le groupe Etat islamique (EI) devenant également actif dans le pays en 2015.

Alors fraîchement élu, le président Donald Trump abandonne en août 2017 tout calendrier de retrait et envoie des milliers de soldats supplémentaires. Au printemps, les forces américaines avaient largué la plus puissante de leurs bombes conventionnelles contre un réseau de tunnels et de grottes emprunté par l’EI dans l’Est, tuant 96 jihadistes.

En dépit du déploiement mi-novembre de nouveaux renforts américains, les attaques meurtrières des insurgés vont s’intensifier tandis que les États-Unis multiplient eux aussi leurs frappes contre les rebelles.

Donald Trump et l’ancien président afghan Ashraf Ghani, en 2017 © Brendan Smialowski / AFP

Mi-2018, des représentants de Washington entament avec des talibans de discrètes négociations à Doha en vue d’une réduction de la présence militaire américaine. En contrepartie, les États-Unis exigent notamment des rebelles qu’ils empêchent que le pays ne serve de refuge à des groupes jihadistes.

Les discussions sont interrompues à plusieurs reprises après des attaques contre des troupes américaines.

Le 29 février 2020 à Doha, les Etats-Unis signent un accord historique avec les talibans, qui prévoit le retrait de tous les soldats étrangers d’ici le 1er mai 2021, en échange de garanties sécuritaires et de l’ouverture de négociations directes inédites entre les insurgés et les autorités de Kaboul.

Des pourparlers interafghans s’ouvrent le 12 septembre à Doha, mais la violence en Afghanistan s’intensifie et les négociations sont au point mort.

Mi-janvier 2021, le Pentagone annonce que les effectifs de l’armée américaine en Afghanistan sont désormais réduits à 2500 hommes. Le 14 avril, le nouveau président américain, Joe Biden repousse au 11 septembre la date-butoir du retrait.

Fin avril, l’Otan commence le retrait « coordonné » des contingents de sa mission Resolute Support, impliquant 9600 militaires. Le 1er mai marque le officiel du départ des soldats américains et de 16.000 sous-traitants civils.

Des dizaines de districts afghans tombent ensuite aux mains des talibans, faisant craindre que les forces gouvernementales afghanes ne soient submergées par les insurgés.

Joe Biden prévoit le 8 juillet que le retrait américain « sera achevé le 31 août ». Le lendemain, les talibans affirment contrôler 85% du territoire afghan, chiffre contesté par le gouvernement. Le 15 août, les talibans entrent dans Kaboul sans rencontrer de résistance. Le président Ashraf Ghani, qui a déjà quitté le pays, admet que « les talibans ont gagné ».

Dans la nuit du 30 au 31 août, le dernier avion de transport militaire américain décolle de Kaboul, laissant le pays aux mains des talibans au terme de la plus longue guerre de l’histoire des Etats-Unis.