L’ancien président du Sénat de la République, Dieuseul Simon Desras, a jeté un pavé dans la mare. Sans passer par quatre chemins, il avoue que le président de la République, Jovenel Moïse, est en discussion avec des opposants farouches, notamment des membres du Secteur Démocratique et Populaire. Donc, en se vantant d’être l’interlocuteur de membres importants de l’aile dure de l’opposition, Jovenel Moïse n’a pas menti.

Toutefois, M. Desras se garde de les citer nommément. Mais, d’un ton frisant l’ironie, il souligne que l’actuel occupant du Palais national discute avec des figures de l’opposition radicale qui n’ont jamais été élus, voire d’anciens parlementaires.

Comme pour enfoncer le clou, l’ex-président de l’Assemblée nationale qualifie de « parfaits démagogues » les opposants qui claironnent, à longueur de journée dans les médias, leur refus de traverser le cadavre des victimes des massacres de La Saline et du Bel’Air pour aller négocier avec Jovenel Moïse. Interminable refrain de Me André Michel, Nenel Cassy et consorts (Ndr).

Dieuseul Simon Desras qui estime avoir été plus d’une fois trahi par ses pairs, tacle, démasque, expose sur la place publique le double jeu des opposants sans éthique ni conviction.

À entendre M. Desras, il est on ne peut plus clair que les détracteurs qui blâment Jovenel Moïse la matin le louent le soir. Les déclarations incendiaires, les positions radicales, tout n’est que de la poudre aux yeux.

Et, pour prouver que les opposants au pouvoir n’ont pas de colonne vertébrale, l’ancien président de la Chambre haute révèle que le poste de Premier ministre est pour le président de la République l’instrument crucial pour faire marcher ses fossoyeurs, les conduire par le bout du nez, les faire danser…

« Chaque membre de l’opposition a un nom de Premier ministrable dans sa poche », révèle avec véhémence Dieuseul Simon Desras, avant de rectifier qu’il n’existe pas d’opposition en Haïti à proprement parler, mais des opposants épars qui, chacun de leur côté, défendent leurs intérêts personnels.

Contrairement à ses pairs, M. Desras avoue s’être entretenu plus d’une fois avec le chef de l’État autour de la réforme constitutionnelle et les prochaines joutes électorales.

« J’ai clairement dit à Jovenel Moïse que le changement de la Constitution et la tenue des élections sont impossibles en dehors d’un large accord politique, d’un consensus minimal », clame Simon D. Desras qui souligne avoir dit sans détours au locataire du Palais national que son mandat arrivera à terme le 7 février 2021.

Parmi la trentaine de Premier ministrables de la liste dont Jovenel Moïse est actuellement détenteur, le nom de Dieuseul Simon Desras y figure. Mais, ce dernier semble n’être pas dupe.

« On n’a jamais entendu le nom de quelqu’un courir les rues comme potentiel Premier ministre pour qu’il le devienne dans la réalité », affiirme l’ancien président de l’Assemblée nationale comme pour couper court aux informations laissant croire qu’il est, indubitablement, le remplaçant de Joseph Jouthe à la Primature.

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