Dans une note rendue publique en date du 27 septembre 2022, les signataires de l’Accord pour la Paix Sociale et la Stabilité Politique (APSSP) confirment qu’ils participent activement dans des discussions qui doivent aboutir à une solution consensuelle de la crise et pour le retour à l’ordre démocratique.

Depuis plus d’un an, nombreuses sont les initiatives de dialogue et de négociation politique qui ambitionnent de réunir les acteurs politiques et de la société civile. Cependant, ces initiatives tardent encore à atteindre leur objectif principal qu’est celui de trouver une solution concertée à la crise haïtienne.

C’est dans ce contexte sociopolitique marqué par la discorde entre les protagonistes que les signataires de l’APSSP, qui se chiffrent en trentaine, optent pour un plan stratégique qui soit à la hauteur des exigences de l’heure. « Depuis plus deux (2) mois, les trente-deux (32) organisations et regroupements d’organisations signataires de l’APSSP discutent avec d’autres acteurs politiques et de la société civile haïtienne dans le dessein d’arriver à un consensus national qui soit soluble à cette situation de chaos généralisé qui règne dans le pays », peut-on lire dans cette note portant la signature, entre autres, de Mikerlange Registe et Mathias Devert.

« Toutefois, pour l’heure, les signataires de l’APSSP ne s’engagent et n’entendent pas s’engager dans des initiatives dont la vision est circonscrite autour de la prise du pouvoir sans un plan stratégique qui soit capable d’aborder certains problèmes structurels auxquels le pays est confronté », poursuivent-ils.

Les signataires de cet accord, paraphé majoritairement par des jeunes, n’entendent pas se précipiter. Se basant sur les mésaventures de l’histoire politique récente du pays, ils invitent les acteurs à cultiver l’humilité.

« L’histoire politique récente du pays nous invite à mettre le temps nécessaire avant de s’adonner à une initiative; cette même histoire devrait pouvoir inviter certains acteurs politiques à cultiver l’humilité politique afin de mettre un terme à cette prétention de détenir les solutions à un problème qu’ils ont eux mêmes crée de manière directe ou indirecte », tranchent-ils.

Selon ce groupe, cette situation de crise est le résultat des trois(3) dernières décennies de mauvaise gouvernance et accuse ceux et celles qui font de la politique au cours de la période. « Les signataires de l’APSSP tiennent à rappeler, pour la religion de tout un chacun, que la situation difficile que connaît le pays est le reflet des trente (30) dernières années de gouvernance improductive, entachée de corruption systèmatisée et de débauche managériale, qui ne peuvent innocenter aucun des acteurs de la classe politique traditionnelle », fustigent-ils.

« Il est à rappeler que celles et ceux qui ont occupé, pendant ces trente (30) dernières années, les plus hautes fonctions de la République (Président, Premier ministre, Ministre, Sénateur, Député, Maire…) n’ayant pas songé à preserver l’honneur et la dignité de leur fonction en se mettant au service du collectif, ont failli à leurs responsabilités », persistent-ils.

Les promoteurs de cette initiative politique croient fermement que l’issue à la crise passe par un dialogue entre les acteurs haïtiens.

« Les signataires de l’APSSP restent convaincus que seul un dialogue inter haïtien, où les intérêts claniques et mesquins sont mis de côté, peut aider le pays à sortir du bourbier », conclut la note.

À noter que l’Accord pour la Paix Sociale et la Stabilité Politique (APSSP) a été paraphé le 1er mars 2022 par des organisations de jeunes issues des dix (10) départements géographiques du pays et de la diaspora haïtienne.