La liste des personnes évacuées de Kaboul a été pré-établie par l’ambassade de France, conjointement avec l’armée et les services de renseignements français. Des contrôles sont effectués à Abou Dhabi, puis en France, lors d’une opération de « criblage ».La liste des personnes évacuées de Kaboul a été pré-établie par l’ambassade de France, conjointement avec l’armée et les services de renseignements français. Des contrôles sont effectués à Abou Dhabi, puis en France, lors d’une opération de « criblage ».

La liste des personnes évacuées de Kaboul a été pré-établie par l’ambassade de France, conjointement avec l’armée et les services de renseignements français. Des contrôles sont effectués à Abou Dhabi, puis en France, lors d’une opération de « criblage ».

Quelque 2000 personnes ont été évacuées d’Afghanistan par la France, selon les chiffres dévoilés par Jean-Yves Le Drian. Cela représente pas moins de 16 rotations aériennes depuis la prise de pouvoir des talibans le 15 août. « Un exploit », s’est félicité le ministre des Affaires étrangères, qui impose tout de même des contrôles de sécurité.

Lundi, un rapatrié afghan soupçonné d’être en lien avec les talibans a été rapatrié en France via l’aéroport d’Abu Dhabi. Il a été placé sous surveillance avec quatre de ses proches. L’occasion de revenir en détail sur les mesures de contrôle mises en place de Kaboul jusqu’à Paris.

Les personnes exfiltrées sont ceux, qui, parce qu’ils ont aidé les Occidentaux ces vingt dernières années, risquent leur vie avec l’arrivée au pouvoir des talibans. Une liste a été constituée par l’ambassade de France en Afghanistan, dirigée par le haut-fonctionnaire David Martinon. Lui et son équipe se trouvent actuellement au sein de l’aéroport de Kaboul et s’occupent, avec l’armée, de l’accueil des réfugiés.

Ils sont épaulés par les agents du service du renseignement, qui leur transmettent des noms d’individus ayant aidé, de façon plus discrète, les autorités françaises. Pendant le vol entre Kaboul et Abu Dhabi, la machine des renseignements se met véritablement en place, avec de premiers contrôles de sécurité effectués dès l’atterrissage de l’avion aux Emirats Arabes Unis.

« La première des choses, comme dans tout aéroport, c’est de s’occuper de leur sécurité. On a une palpation sur chacun des ressortissants que l’on recueille. On fouille également leur bagage », indique par ailleurs à BFMTV le colonel Yannick Desbois, commandant de base 104 à Abu Dhabi.

Une source des services des renseignements français expliquait récemment à BFMTV que leurs services effectuaient ensuite des « criblages » avec les candidats à l’asile, c’est-à-dire des entretiens avec les migrants, afin de comprendre leur parcours, leurs relations, leur vision de la religion et de la France. L’idée est bien entendu de déceler d’éventuels profils à risque ou présentant un danger pour le pays.

Si des soupçons apparaissent, comme c’est le cas pour l’un des cinq Afghans évacués du pays mercredi dernier, l’individu est aussitôt placé sous surveillance, au travers de « mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance » (Micas), prévue dans le cadre des lois antiterroristes.

Celle-ci est encadrée par un arrêté du ministère de l’Intérieur et va s’étendre sur trois mois. Durant celle-ci, ils ne peuvent quitter un territoire déterminé, en l’occurrence la Seine-Saint-Denis pour les cinq individus sous surveillance. L’un d’entre eux n’a pas respecté cette obligation et a justement été placé en garde à vue.

Ils sont par ailleurs soumis à des pointages quotidiens au commissariat. Si l’une des obligations n’est pas respectée, ils encourent jusqu’à trois ans de prison et 45.000 euros d’amende. « La France est humaine, mais elle est aussi vigilante », a souligné sur Twitter Gérald Darmanin.