Définitivement, rien ne va dans ce pays et la menace d\’une crise humanitaire est réelle. Les institutions privées et publiques, déjà moribondes, fonctionnent au ralenti à cause de la crise de carburant provoquée par les gangs armés de Martissant, de bas de Delmas et de Cité-Soleil qui empêchent la livraison des produits pétroliers dans les différentes stations-service. C’est le règne du vide et du non-Etat.

Dans l’intervalle, les milliers de personnes nécessiteuses qui, tant soit peu, bénéficiaient d’un accompagnement quasi régulier de « l’Etat » via le Fonds d’Assistance Economique et Sociale (FAES) sont aux abois depuis plusieurs mois à cause de la cessation abrupte du programme alimentaire.

Les ménages en situation de vulnérabilité de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, les communautés défavorisées des villes de province, bénéficiaires habituels des kits alimentaires et de rations sèches du FAES, en appellent au retour rapide du programme pour un soulagement de leur misère, dans ce contexte de crise multiforme où les prix des produits de premières nécessités explosent. Conséquence directe de la pénurie de carburant qui persiste depuis plusieurs mois et dont la fin n’est pas pour demain.


Le cri de ces milliers de famille qui côtoient la misère noire arrive dans un contexte où l’Organisation des Nations Unies par l’intermédiaire du Programme Alimentaire Mondial (PAM) vient d’attirer l’attention du monde sur la montée exponentielle du taux de famine dans plus de 43 pays. Selon cette évaluation de l’insécurité alimentaire, Haïti fait partie des pays les plus touchés.

« Des dizaines de millions de personnes se retrouvent face à un abîme. Les conflits, le changement climatique et le COVID-19 font augmenter le nombre de personnes souffrant de la faim, et les dernières données montrent que plus de 45 millions de personnes se dirigent vers le seuil de la famine », a déclaré le Directeur exécutif du PAM, David Beasley, le lundi 8 novembre 2021.