L’expression « plein pouvoir » généralement utilisée pour designer un haut dignitaire doté de multiples prérogatives, aurait-elle une nouvelle connotation? Une question qui a tout son sens par rapport au momentum politique dominé par l’assassinat du Président de la République, Jovenel Moïse, qui a donné naissance à une espèce de transition monocéphale avec Ariel Henry aux commandes. Force est de constater que celui qui se bombe le torse en se déclarant, à tout va, ‘’super Premier ministre’’ jusqu’ici ne donne aucun véritable signe d’une quelconque volonté de faire. Du moins il n’a pas l’air de vouloir utiliser son plein pouvoir pour intervenir en dehors des chantiers légués par le défunt Jovenel Moïse, en l’occurrence le referendum et les élections. Le second plus que le premier est important mais il ne fait pas partie des grandes urgences. D’aucuns, avec un peu de jugeote, pensent que certains dossiers comme le taux de change avec son corollaire la hausse du coût de la vie, la gestion de l’épidémie de Covid-19 et l’insécurité, ne devraient pas être relégués au second plan. Mais suivant le constat de laxisme au plus haut niveau de l’Etat, il serait normal de croire qu’il n’y a aucun plan pour les adresser.

Le Premier ministre, Ariel Henry, apparemment souffrant du complexe de Dieu, semble oublier que les grands pouvoirs entrainent souvent, si ce n’est toujours, de grandes responsabilités.  Il s’amuse à rappeler sa toute-puissance sans se montrer véritablement prêt à s’en servir pour le plus grand bien du plus grand nombre. Pendant qu’Ariel Henry parade dans la presse, des gens meurent de faim dans les quartiers populaires et populeux, des parents commencent déjà à se faire de la bile par rapport à la rentrée scolaire qui s’en vient. Apres avoir été rejeté puis repêché par l’International, il est clair que le Premier ministre avec rang de Président de la République à des projets. Maintenant vu la direction qu’il prend, l’opinion publique est en droit de douter que les intérêts du pays soient en tête de liste.

En guise d’illustration par rapport à l’étendue des pouvoirs qu’il dit avoir, le Docteur Ariel Henry prétend être en mesure, du moins théoriquement, de déclarer la guerre. Palabre !  Aucun homme aussi puissant, avec en prime le monopole de la violence légitime, n’accepterait d’être tenu en respect par des bandits trimballant avec des armes illégales. Le Premier ministre, sauf arrangement secret avec les caïds de Martissant, ne peut se permettre d’emprunter la voie terrestre pour se rendre dans le grand Sud. Et pire encore, Ariel Henry est tenu éloigné de son propre bureau officiel, la Primature (Bicentenaire). Quel homme puissant accepterait d’être ainsi fouetté dans son ego. A défaut de pouvoir se pencher sur tous les autres problèmes urgents, il aurait pu déjà déclarer la guerre aux bandits armés des quartiers populaires du pays. De deux choses l’une : le neurologue est, soit en pleine fantasmagorie soit il n’a pas assez de culot pour poser des actions qui ne soient pas dans le calendrier du « Blanc ».

Kensley Marcel