Rada Akbar est désormais en France. C’est d’ailleurs à Paris que notre équipe a pu rencontrer la photographe afghane. Celle-ci a fait le récit de son exfiltration depuis l’ambassade française et le Kaboul des talibans jusqu’à l’aéroport.Rada Akbar est désormais en France. C’est d’ailleurs à Paris que notre équipe a pu rencontrer la photographe afghane. Celle-ci a fait le récit de son exfiltration depuis l’ambassade française et le Kaboul des talibans jusqu’à l’aéroport.

Rada Akbar est désormais en France. C’est d’ailleurs à Paris que notre équipe a pu rencontrer la photographe afghane. Celle-ci a fait le récit de son exfiltration depuis l’ambassade française et le Kaboul des talibans jusqu’à l’aéroport.

Dans sa biographie Twitter, Rada Akbar se définit comme une « artiste conceptuelle ». Sur Instagram – où son travail est visible, comme dans cet article du New York Times qui chroniquait sa dernière exposition – elle est plus simplement photographe. Mais ces derniers jours, la conquête de l’Afghanistan par les talibans et la chute de Kaboul entre leurs mains ont fait d’elle une réfugiée. Exfiltrée vers la France, Rada Akbar a accepté de rencontrer notre équipe à Paris afin de livrer à la caméra le récit, en anglais, de son évacuation.

« Quand on est entré à l’ambassade, ils nous ont séparés en deux groupes: les Français et les étrangers. Puis, ils nous ont divisés à nouveau: les Afghans d’un côté, toutes les autres nationalités de l’autre », a-t-elle d’abord retracé.

Tous – à l’exception des Afghans -, raconte-t-elle ensuite, ont alors été transférés vers l’ambassade américaine afin de bénéficier des navettes en hélicoptères à destination de l’aéroport international de Kaboul.

L’artiste fait ici le distinguo entre les attitudes américaine et française sur la question des candidats afghans au départ:

« Les Américains ont refusé de renvoyer les hélicoptères pour les Afghans donc les Français ont dû trouver un moyen pour nous sortir de là. »

« On est resté bloqués trois nuits. Après ces trois nuits, ils ont réussi à faire venir des bus », a-t-elle salué, observant:

« Je pense qu’ils ont dû négocier avec les talibans pour nous évacuer par la route. »

Les autorités françaises ne dissimulent d’ailleurs nullement les tractations conduites avec les nouveaux maîtres de l’Afghanistan afin d’évacuer l’ambassade et de sécuriser ses convois vers les pistes de l’aérodrome. Dès mercredi dernier, le patron du RAID évoquait en effet ces échanges auprès de RTL.

« Quinze bus sont donc arrivés », reprend la photographe face à la caméra, achevant: « On était des centaines à l’ambassade. On est donc monté. Les forces spéciales françaises nous ont escortés jusqu’à l’aéroport. Ça nous a pris deux heures pour ce trajet qui, habituellement, ne prend que quinze minutes. Mais on a réussi à rejoindre l’aéroport. »

Ils sont encore des milliers d’Afghans à espérer, comme Rada Akbar, fuir l’Afghanistan et la restauration talibane. Mais la fenêtre pour s’échapper ne cesse de se réduire.

Ainsi, Joe Biden a confirmé son calendrier mardi: le retrait des troupes américaines devrait être accompli au 31 août… sauf si les talibans cessent de coopérer à ces évacuations. Il reste donc six jours pour mener les ultimes opérations à bien.