Jbaliqs, le nouveau son du chaâbi algérien

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Ils se sont fait remarquer récemment sur Internet par leurs vidéos musicales atypiques : Wassim Belarbi et Noussaïba Bettahare, de leur nom de scène Jbaliqs, redonnent un nouveau souffle au châabi, l’un des genres musicaux les plus populaires d’Algérie. Des vidéos devenues virales qui les ont fait rapidement connaître, alors que ce répertoire n’est pas souvent mis en avant par la jeunesse. France 24 les a rencontrés.

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Ils sont musiciens depuis leur plus jeune âge et ont toujours promu les traditions algériennes, mais leur véritable aventure sur le Web est née il y a trois mois. Wassim Belarbi, 21 ans, et Noussaïba Bettahare, 15 ans, ont partagé au mois de janvier leur première vidéo sur Instagram.

Ils ont pris pour nom de scène Jbaliqs, qui représente « l’arabisation du mot latin Juba (roi berbère) », explique Wassim, l’initiateur du projet. On retrouve d’ailleurs dans chacune de leurs reprises des sonorités berbères, « une partie garante de la musique citadine chaâbi », insiste le jeune artiste. 

L’humour pour initier les jeunes à la musique traditionnelle

Wassim, qui a étudié la sociolinguistique, et Noussaïba, lycéenne, veulent initier les jeunes à la musique traditionnelle algérienne. Pour eux, la meilleure manière de s’y prendre est d’apporter une touche d’humour à leur vidéos, ce qui n’a pas manqué d’attirer l’attention des internautes. « Nous faisons aussi du théâtre et aimons à chaque occasion concilier rire et chanson, nous ne sommes pas là pour amasser des vues ou des partages, notre but est avant tout de convertir l’oreille de notre jeunesse à son patrimoine », confient-ils. 

Vulgariser et exporter la culture algérienne

Après l’engouement qu’a suscité ce projet, Jbaliqs a décidé de s’impliquer davantage : « À présent, nous travaillons sur l’exportation de la culture algérienne dans le monde et aux moyens de la vulgariser pour les jeunes algériens, qui n’ont pas eu accès, à l’école, aux enseignements musicaux de cette cultur », explique Wassim, qui dit avoir « baigné dans l »algérianisme' »

France 24 a pu assister à une répétition du groupe, dont la formation varie, puisque outre les deux jeunes musiciens, le groupe Jbaliqs peut réunir sur scène jusqu’à 20 à 30 artistes. Ce jour-là, ils étaient sept à répéter « un programme de poésie qui se penche sur la question de la spiritualité », précise Wassim. « Même si vous avez entendu des rythmes dansants, tous les sujets traités lors de notre séance de répétition sont des poèmes profanes avec des thèmes sur le ramadan, le prophète Mahomet et la divinité ». 

Les jeunes algériens à la conquête de la musique traditionnelle algérienne.Les jeunes algériens à la conquête de la musique traditionnelle algérienne.
Les jeunes algériens à la conquête de la musique traditionnelle algérienne. © Jbaliqs

Les projets de Jbaliqs sont multiples et ses ambitions très grandes, alors que ses membres font déjà partie de plusieurs autres formations : l’orchestre de la Cordoba d’Alger, la Fondation de Cheikh Abdelkrim Dali, l’orchestre maghrébin et celui des Rossignols pour ne citer que ces derniers… Les jeunes talents s’inspirent au quotidien de l’humain, son prisme et de la société algérienne. 

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