Une équipe internationale d’astronomes a identifié la nature de la deuxième « mini-lune » connue de la Terre, 2020 CD3. Cet objet, découvert par Kacper Wierzchoś et Theodore Pruyne au Catalina Sky Survey le 15 février dernier, avait intrigué les astronomes : était-ce un objet rocheux naturel, comme le fut 2006 RH120 (première « mini-lune » temporaire connue de la Terre, en 2006-2007), ou était-ce un morceau de débris spatial, comme certains qui sont connus pour avoir déjà été temporairement capturés plusieurs décennies après leur envoi dans l’espace (dont probablement 2020 SO, actuellement temporairement en orbite autour de notre planète) ?

Pour élucider ce mystère, 2020 CD3 a été imagé par l’observatoire Gemini Nord, installé sur le Mauna Kea, à Hawaï. Le résultat ? 2020 CD3 est bien d’origine naturelle, autrement dit, c’est un petit astéroïde. La mini-lune est un vestige rocheux d’un corps plus grand et mesure environ 1 à 1,5 mètre, ce qui en fait l’un des plus petits astéroïdes jamais découverts. En effet, avec une magnitude absolue de 31,8, il est dans le top 10 des astéroïdes connus avec la plus grande magnitude absolue. L’équipe a également pu confirmer que 2020 CD3 ne fut qu’un visiteur temporaire de la Terre : après avoir passé au moins 2,7 ans en orbite autour de notre Planète, le petit astéroïde a été éjecté en avril de cette année et gravite depuis directement autour du Soleil.

Il est probable que de nombreuses autres mini-lunes soient découvertes dans les années à venir, notamment grâce au Legacy Survey of Space and Time (LSST) de l’Observatoire Vera-C.-Rubin, qui doit scruter le ciel austral pendant 10 ans à partir de 2022.

Le Catalina Sky Survey a découvert une nouvelle mini-lune de moins de 4 mètres de diamètre. © tangoas, Adobe Stock

Pour en savoir plus

Article de Xavier Demeersman publié le 2 mars 2020.

La potentielle deuxième mini-lune jamais découverte en orbite terrestre, 2020 CD3, vient d’être imagée par le télescope Gemini North de 8 mètres de diamètre installé au sommet du Mauna-Kea, à Hawaï. C’est la première image en couleur de cet objet large de quelques mètres seulement, débusqué il y a deux semaines à peine, le 15 février dernier.

Pour Grigori Fedorets, qui le surveille depuis l’observatoire Gemini, 2020 CD3 pourrait autant être un objet naturel qu’un objet artificiel, probable vestige d’un satellite lancé il y a plusieurs décennies. Il va falloir surtout plus de données pour pouvoir déterminer sa nature exacte, a-t-il indiqué dans le communiqué de presse. Mais la tâche est de plus en plus difficile car cet « objet non-identifié » s’éloigne de la Terre. Il devrait d’ailleurs en être libéré, ou plutôt « éjecté », en avril prochain, a fait savoir le directeur de l’observatoire Gemini, John Blakeslee, qui a commenté ces premiers résultats obtenus dans la « bousculade ».

La première mini-lune découverte, en 2006, à elle, déjà été éjectée.

Voir aussiLa comète interstellaire Borisov serait-elle un vaisseau spatial extraterrestre ?

Article de Nathalie Mayer publié le 28 février 2020.

Le Catalina Sky Survey est un projet développé par la Nasa (États-Unis) dans le but de découvrir des comètes et des astéroïdes. Plus spécifiquement, des géocroiseurs. Deux astronomes impliqués dans le projet ont observé, dans la nuit du 15 février dernier, une nouvelle mini-lune, un de ces objets en orbite temporaire autour de la Terre. Une observation confirmée par plusieurs dans les nuits qui ont suivi.

Et une information désormais confirmée par le Minor Planet Center (MPC) de l’Union astronomique internationale. De magnitude 20, 2020 CD3 aurait été capturé par notre Planète il y a trois ans. Après 2006 RH120 – également découvert par le Catalina Sky Survey -, il serait seulement le deuxième astéroïde connu en orbite autour de la Terre.

2020 CD3 présenterait un diamètre de seulement 1,9 à 3,5 mètres.

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