Peut-on savoir si une personne sera atteinte d’une forme grave de la Covid-19 rapidement après l’infection ? Des chercheurs californiens ont mis en relation deux éléments qui peuvent prédire le devenir de la maladie.

À la date du 28 avril 2021, 5.879 patients atteints de la Covid-19 sont soignés dans des services de réanimation aux quatre coins de la France métropolitaine et d’outre-mer. Bien que certains facteurs de comorbidité soient connus pour aggraver la Covid-19, comme l’âge ou le sexe, il est difficile de prédire l’évolution de la maladie lorsqu’une personne vient d’être infectée. Pourtant, un groupe de scientifiques de l’Université de Californie à Irvine a mis au point un test pronostic basé sur deux éléments qui permet de prédire l’apparition de formes graves de la Covid-19.

La première étape du test pronostic est la recherche d’un anticorps dirigé contre la nucléocapside du coronavirus, et plus précisément contre une région de 21 acides aminés appelée Ep9. Les scientifiques ont observé que cet anticorps était présent dans le sang des patients atteints d’une forme grave de Covid-19 nécessitant une admission en soins intensifs ou une intubation. Parmi les 86 patients suivis dans cette étude, 23 possédaient une ou plusieurs classes d’anticorps anti-Ep9 entre le 1er et le 6e jour suivant l’infection. En considérant la présence ou l’absence d’anticorps Ep9 et leur nature, les scientifiques ont pu établir le classement suivant :

  • Catégorie 1 : pas d’anticorps dirigés contre la nucléocapside ;
  • Catégorie 2 : présence d’IgM dirigés contre la nucléocapside, mais pas contre Ep9 ;
  • Catégorie 3 : des IgG dirigés contre la nucléocapside, mais pas contre Ep9 ;
  • Catégorie 4 : des IgG et des IgM dirigés contre Ep9 ;
  • Catégorie 5 : uniquement des IgG contre Ep9.

Les scientifiques ont relié ce classement à l’état de santé des patients de leur cohorte. Résultat : il y a 2,5 fois plus de formes sévères chez ceux possédant des anticorps anti-Ep9 que chez ceux n’en ayant pas. Des calculs statistiques ont permis de mettre en lumière une corrélation robuste entre la présence d’anticorps anti-Ep9 et un score de facteurs de risque de la maladie (DRFS). Ce score est un outil mathématique qui permet d’estimer le risque de formes graves d’une maladie selon la présence de comorbidité et l’âge. Combiné avec la présence des anticorps, ce score permet d’anticiper avec une certaine efficacité la sévérité de la maladie. Ainsi, le test a prédit avec une sensibilité de 92,3 % et une spécificité de 80 % la sévérité de la maladie chez les personnes possédant les anticorps et ayant un score supérieur ou égal à 3.

Le test n’a été éprouvé que sur un petit nombre de personnes, il manque donc de robustesse. De plus, la majorité des personnes enrôlées étaient d’ascendance hispanique, les résultats pourraient donc varier pour d’autres groupes ethniques. Néanmoins, la recherche d’anticorps anti-Ep9 chez des personnes déjà à risque de formes sévères par la présence de comorbidités permettrait d’améliorer leur prise en charge et de limiter les manifestations les plus graves de la Covid-19.

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