Le grand Sud pleure encore ses filles et ses fils, disparus-es lors du séisme du 14 août 2021. Plus promptement que prévu, la ville des Cayes, l’un des endroits les plus touchés par le drame, se relève. Le petit commerce en particulier, revendique son droit de subsistance.

“ On ne peut pas tous mourir. Il faut ravitailler et continuer à vivre”, lance Marlène, une sexagénaire, perchée sur son vélo, sur lequel elle transporte son trésor petit commerce de cocotiers. Son amie avec qui elle s’entretient sur la grande rue est sur le point de rendre visite à certains proches dont elle n’a plus des nouvelles depuis le cataclysme.

« J’étais dans un tap tap, les secousses ont emporté tout mon commerce de kérosène », se plaint-elle.

Le va-et-vient des motos taxis, des véhicules tout terrain floqués des logos des ONG, quelques jours après le drame, la métropole du Sud est sur son pied de guerre. Elle croque la vie, et continue de compter des cadavres, enfouis sous des constructions complètement détruites. Le bilan humain s’alourdit tristement et progressivement, avoisinant les 2 mille jusqu’au mercredi 18 août.

Au sein de la population, les grognes montent d’un cran. Les citoyens attendent encore un Etat provident dont ils critiquent l’absence.

“Les autorités nous abandonnent totalement. La ville des Cayes n’est pas impliquée dans la mort de Jovenel Moise, alors pourquoi nous punissent-elles », invective ce jeune, un plat en main, dans un coin de rue, non loin du complexe administratif.

Les plaintes se ressemblent, un peu partout. Aucune intervention de l’Etat central en faveur des sinistrés, étourdis par les chiffres de l’aide humanitaire. Alors que les besoins en eau, en abris provisoires et en nourriture s’intensifient, au fil des heures.