Les envoyés spéciaux de BFMTV à Kaboul, Jérémie Paire et Juan Palencia, ont couvert les évacuations des réfugiés depuis l’aéroport.Les envoyés spéciaux de BFMTV à Kaboul, Jérémie Paire et Juan Palencia, ont couvert les évacuations des réfugiés depuis l’aéroport.

Les envoyés spéciaux de BFMTV à Kaboul, Jérémie Paire et Juan Palencia, ont couvert les évacuations des réfugiés depuis l’aéroport.

Alors que 110.000 ressortissants étrangers et afghans ont fui le pays par avion depuis la prise de pouvoir des talibans à la mi-août, les envoyés spéciaux de BFMTV Jérémie Paire et Juan Palencia, de retour de l’aéroport de Kaboul, racontent ce vendredi le déroulement de ces évacuations et la détresse des familles.

« Ce qui est très impressionnant dans l’aéroport, c’est de voir à quel point les évacuations sont extrêmement bien organisées. De ce que nous disent les Marines, à l’extérieur, c’est le chaos total, mais une fois que les réfugiés sont entrés, le parcours est fléché », relate Jérémie Paire sur notre plateau ce vendredi soir.

À leur arrivée à l’aéroport, après un véritable périple dans les rues de Kaboul, tenues par les talibans, les réfugiés passent par « plusieurs check-points ». Aux abords de l’entrée principale, « les Américains sont très nombreux » et font « entrer les réfugiés quasiment un par un ». Lors de cette première étape, les personnes entrant dans l’aéroport sont fouillées puis elles « passent par un immeuble où elles donnent leurs papiers et sont enregistrées sur les vols. On leur met un bracelet blanc et tous redescendent aux abords du tarmac, au plus près des avions. Là, ils peuvent attendre généralement une heure, une heure et demie », ajoute notre journaliste.

Sur place, des soldats de toutes les nationalités participent à ces rotations, pour emmener les réfugiés dans les avions. « Il y avait des Hongrois, des Norvégiens. Dans le bâtiment où on a passé le plus de temps, aux abords du tarmac, il y avait des soldats turcs. Tous participaient à emmener ces réfugiés afghans dans les avions », explique-t-il.

Aux premiers jours des évacuations, les images de gens tombant d’avions américains qui décollaient ont choqué l’opinion publique. Aujourd’hui, à quelques jours de la date-butoir fixée par les Américains pour se retirer d’Afghanistan, le 31 août, il n’y a plus de risques de revoir ce genre de scène, d’après Jérémie Paire.

« C’est terminé, parce que tout est contrôlé par les Américains. Quand on est arrivé, on leur a demandé de sortir, on avait nos fixeurs qui nous attendaient de l’autre côté des portes. Les Américains nous ont dit: ‘il est hors de questions que vous sortiez, on ne prend pas le risque pour vous, pour les militaires qui tiennent les portes et pour les Afghans qui sont dehors’. Ils ont tous dit: ‘si vous sortez, vous avez un risque immédiat d’attentat », se souvient-il, alors qu’un attentat-suicide près de l’aéroport a fait au moins 85 morts et des centaines de blessés ce jeudi.

À l’aéroport, les évacuations sont « bien organisées par les Américains ». Ces derniers « prennent soin des gens, il y a de l’eau, de la nourriture. On voit les Marines avec les enfants, ils portent des affaires, il y a beaucoup de sourires, ça se passe relativement bien. C’est quelque chose d’historique, d’inouï, donc il y a forcément des ratés, mais ce que j’ai vu, c’était bien organisé ».

Notre envoyé spécial confie avoir été marqué par les témoignages de familles montant à bord des avions, quasiment sans rien. « C’est surtout dans les regards que ça se joue. Des familles avec des enfants en bas âge avec des petis sacs à dos. Dans l’avion qu’on a pris avec les Américains, on était à côté d’un ancien membre des forces spéciales qui est parti avec sa famille. Il a cinq enfants dont un bébé de cinq mois qui était allongé par terre dans l’avion. Il est parti avec un seul sac avec des couches et du lait. Ils ne savent pas ce qu’il va se passer après. Ils atterrissent à Doha sur une base américaine dans un baraquement où il fait 40 degrés et ils ne savent pas ce qui va se passer après, et ils ont quand même pris la décision de partir », explique-t-il.

Dans cet avion de retour, où « 500 personnes étaient collées », « les gens n’étaient pas heureux de partir, c’est ça le plus dur ». « Le soldat des forces spéciales nous disait qu’il a laissé son frère, sa maison, sa voiture, ’30 ans de ma vie pour être en sécurité avec ma famille’. Des témoignages bouleversants », conclut Jérémie Paire.