2/3. Cet été, BFMTV.com revient sur cinq grands mensonges qui ont changé le cours de l’Histoire. Quatrième épisode avec la fausse donation de l’empereur Constantin.2/3. Cet été, BFMTV.com revient sur cinq grands mensonges qui ont changé le cours de l’Histoire. Quatrième épisode avec la fausse donation de l’empereur Constantin.

2/3. Cet été, BFMTV.com revient sur cinq grands mensonges qui ont changé le cours de l’Histoire. Quatrième épisode avec la fausse donation de l’empereur Constantin.

C’est l’un des mensonges les plus célèbres et les plus anciens de l’Histoire. Selon un document qui daterait de 315, l’empereur romain Constantin (306-337) aurait fait don, durant son règne, de l’imperium sur l’Occident au pape Sylvestre, le pape de l’époque. C’est-à-dire d’un pouvoir suprême de commandement, la papauté héritant d’une autorité supérieure sur le continent européen. Mais le document était en réalité un faux.

Ce qui est certain, c’est que Constantin – qui a fondé une nouvelle capitale, Constantinople, à son nom – reste connu pour ses réformes favorisant largement le christianisme et participant à son essor, il s’y est d’ailleurs progressivement tourné. Sous son règne au IVe siècle, la liberté de culte individuelle est établie, un terme est mis aux persécutions des chrétiens. Constantin est même devenu un saint pour l’Église orthodoxe.

Ce n’est qu’au XVe siècle que l’humaniste Laurent Valla critiquera le document. Par une étude détaillée de la langue, l’identification des incohérences historiques et philologiques du texte, les contresens, il réfutera son authenticité. Et le datera en réalité du VIIIe siècle, soit cinq siècles plus tard. Une réécriture de l’Histoire. « Ce texte a été rédigé en 750 par la papauté, c’est un document créé de toute pièce », explique à BFMTV.com l’historien Louis-Pascal Jacquemond.

Ce faux don d’imperium a néanmoins permis aux papes successifs, à partir de la fin du 1er millénaire et pendant plusieurs siècles, de justifier leurs prétentions tant territoriales que politiques. La donation de Constantin a même légitimié le pouvoir temporel de l’Église de Rome en Occident. « La papauté s’est appuyé sur ce texte pour imposer son influence aux monarques européens, influence qu’elle n’avait pas jusqu’alors », poursuit Louis-Pascal Jacquemond. Mais encore aujourd’hui, l’origine de ce faux demeure obscure.

« On ne sait pas si ce sont les services diplomatiques de la papauté ou un clan de cardinaux inféodés qui en sont l’auteur. Mais ce qui est sûr, c’est que la fabrication de ce texte a donné à la papauté une reconnaissance de son pouvoir à la fois politique et spirituel, qu’elle s’est d’ailleurs largement approprié. »

Un faux qui a profondément modifié le cours de l’Histoire. « Si Constantin a bien fait des dons au pape, il n’était nullement question d’un pouvoir d’imperium sur l’Occident, analyse l’historien. Tout le Moyen Âge est structuré sur cette opération qui va largement favorisé les carolingiens, dont Charlemagne, qui sera sacré en 800 à Rome ’empereur des Romains’. »

Un argument ultime qui a muselé toute velléité d’opposition. Comme le pointe également l’historien Jean-Luc Pouthier, « pendant tout le Moyen Age, les papes l’utilisent pour légitimer leur pouvoir temporel lorsque celui-ci leur est contesté par les empereurs germains ou les rois français ».

Pour lire les précédents épisodes de la série, c’est ici avec le premier: le syndrome K, cette fausse épidémie qui a sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.