4/5. Cet été, BFMTV.com revient sur cinq grands mensonges qui ont changé le cours de l’Histoire.4/5. Cet été, BFMTV.com revient sur cinq grands mensonges qui ont changé le cours de l’Histoire.

4/5. Cet été, BFMTV.com revient sur cinq grands mensonges qui ont changé le cours de l’Histoire.

Entre le 2 août et le 4 août 1964, deux destroyers américains qui naviguent dans les eaux territoriales du Nord-Vietnam essuient des tirs de la part des Nord-Vietnamiens. En représailles, Washington ordonne d’ouvrir le feu. C’est le début des hostilités, c’est du moins la version officielle d’alors des services secrets américains.

Pour le président américain Lyndon Johnson, dans la course à sa réélection, ces incidents du golfe du Tonkin tombent à point nommé. Ce qui est présenté comme une agression devient ainsi le prétexte idéal pour lancer les premiers raids sur les positions communistes. Quelques jours plus tard, il obtiendra du Congrès américain les pleins pouvoirs militaires. Une détermination qui lui vaudra sa réélection.

Mais plus tard, les équipages des deux navires nieront ce récit officiel. En réalité, dès la fin du mois de juillet précédent, des vedettes sud-vietnamiennes – couvertes par les deux destroyers américains – ont attaqué délibérémment des bateaux de pêche et bombardé deux îles.

Selon une enquête révélée au public en 2005 menée par l’historien américain Robert J. Hanyok, des officiers de renseignement américains ont délibérément falsifié les rapports pour faire croire que les navires nord-vietnamiens étaient à l’origine de l’attaque des destroyers. Leur motivation n’aurait pas été politique: ils auraient simplement voulu couvrir des erreurs, la NSA aurait en effet mal interprété les communications nord-vietnamiennes, concluant à une attaque.

DIAPORAMA – La guerre du Vietnam en images

Après la guerre d’Indochine qui a vu s’affronter la France à ses colonies (Vietnam, Laos et Cambodge), la guerre du Vietnam a vu s’opposer – en pleine Guerre froide – le Nord-Vietnam, soutenu par le bloc communiste, et le Sud-Vietnam, allié des États-Unis.

« C’est une guerre qui n’est pas seulement américano-vietnamienne, explique à Geo l’historien Pierre Journoud, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paul-Valéry Montpellier. C’est aussi une guerre civile, entre Vietnamiens. »

Une guerre qui n’a jamais vraiment été déclarée. Mais à partir de 1961, le président américain John F. Kennedy envoie plus de 15.000 conseillers militaires – c’est le début de la « contre-insurrection ». Et c’est à partir de 1965, après les incidents du golfe du Tonkin, que les États-Unis interviennent massivement.

Il est aujourd’hui établi que les incidents du golfe du Tonkin ont été instrumentalisés pour permettre une escalade militaire. Les « Pentagon Papers » – des documents secret-défense émanant du département de la Défense sur l’implication des États-Unis dans la guerre du Vietnam – révèleront en 1971 que les États-Unis avaient déjà décidé d’étendre et d’intensifier les combats et les bombardements avant même que les « incidents » ne se produisent.

En quinze ans de conflit, la guerre du Vietnam – la plus longue du XXe siècle – a fait 685.000 morts, en majorité des civils, parmi la population vietnamienne. Sans compter les blessés, victimes du napalm et de l’agent orange. Et sur les 536.000 militaires américains envoyés, près de 60.000 y sont morts.

Une « sale guerre » au cours de laquelle les Américains ont expérimenté des armes chimiques. D’année en année, le conflit s’enlisera. La médiatisation du conflit – comme cette célèbre photo datant de 1972 qui montre une petite Vietnamienne fuyant, nue et brûlée, un village en feu après un bombardement au napalm – permettra en partie de faire basculer l’opinion.

Dans l’impasse et de plus en plus impopulaire, les accords de paix de Paris signeront en 1973 le retrait militaire américain. Le pays sera réunifié en 1976.

Pour lire les précédents épisodes de la série, c’est ici avec le premier: le syndrome K, cette fausse épidémie qui a sauvé des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Le deuxième: la fausse donation de l’empereur Constantin. Le troisième: les Protocoles des Sages de Sion.