Les manifestants réclamaient notamment le limogeage du juge chargé de l’enquête sur l’explosion au port de la capitale libanaise, qui avait fait 214 morts et plus de 6500 blessés en août 2020.Les manifestants réclamaient notamment le limogeage du juge chargé de l’enquête sur l’explosion au port de la capitale libanaise, qui avait fait 214 morts et plus de 6500 blessés en août 2020.

Les manifestants réclamaient notamment le limogeage du juge chargé de l’enquête sur l’explosion au port de la capitale libanaise, qui avait fait 214 morts et plus de 6500 blessés en août 2020.

Le bilan augmente dramatiquement au fil de la journée. 6 personnes ont été tuées et trente autres blessées jeudi lors de tirs pendant une manifestation organisée à Beyrouth par les mouvements chiites Hezbollah et Amal pour exiger le limogeage du juge chargé de l’enquête sur l’explosion au port de la capitale libanaise, selon des sources médicales.

Selon un premier bilan à la mi-journée, un homme avait été tué par un tir à la tête et un deuxième avait été atteint à la poitrine, a précisé Mariam Hassan, de l’hôpital Sahel, dans la banlieue sud de Beyrouth. L’agence nationale d’information (ANI, officielle), avait fait état d’un troisème mort à l’hôpital Rassoul al-Aazam, également dans la banlieue sud chiite. Vingt autres personnes ont été blessées, selon la Croix Rouge libanaise. Les blessures des trois autres victimes ne sont pour l’heure pas connues.

Des ambulances affluaient pour prendre en charge les blessés dans les rues désertées, près du palais de Justice où s’étaient rassemblés des centaines de manifestants pour exiger le départ du juge Tarek Bitar, au coeur d’une campagne de dénigrement ces derniers jours. Des correspondants de l’AFP ont entendu des tirs nourris dans le secteur, alors que les chaînes locales montraient des hommes portant des armes légères ou moyennes.

Sur les réseaux sociaux, des images montraient des écoliers d’un établissement du secteur se cachant sous leurs bureaux ou rassemblés par terre devant les salles de classe.

« Je me suis cachée avec mon cousin et ma tante dans un espace de deux mètres carrés entre les chambres, parce que nous avons peur des balles perdues », a déclaré à l’AFP Bissan al Fakih, une habitante du secteur. « Nous ne savons pas s’il y a un moyen de sortir » du quartier.

Les chars de l’armée se sont déployés dans le quartier, en bouclant les accès, et la troupe a prévenu qu’elle tirerait à bout portant sur toute personne qui ouvrirait le feu.

L’armée avait fait état de tirs dans le quartier de Tayouné-Badaro, ajoutant qu’elle avait « bouclé le secteur et ses accès ».

« Les patrouilles cherchent les personnes à l’origine des tirs pour les arrêter », a-t-elle ajouté, prévenant que les militaires ouvriraient le feu sur tous ceux qui tirent et appelant les civils à évacuer le quartier.

Dans un communiqué commun, les deux mouvements chiites ont de leur côté accusé des « francs-tireurs postés sur les toits des immeubles » du secteur d’avoir tiré sur les manifestants. La séquence des événements qui a mené à l’embrasement reste cependant confuse.

Le Premier ministre Nagib Mikati a appelé au retour au calme et mis en garde contre les tentatives d’entraîner le Liban dans un cycle de violence.

La manifestation s’est déroulée à l’endroit même où se regroupent régulièrement les proches des victimes de l’explosion pour demander que l’enquête aboutisse. Elle s’est produite juste après que la Cour de cassation a rejeté des plaintes d’anciens ministres à l’encontre de Tarek Bitar, lui permettant de reprendre ses investigations.

Il avait été contraint mardi de suspendre son enquête après ces plaintes, provoquant la crise la plus grave au sein du gouvernement libanais depuis sa formation le mois dernier.

L’explosion survenue le 4 août 2020 et causée par le stockage sans mesures de précaution d’énormes quantités de nitrate d’ammonium a fait au moins 214 morts, plus de 6500 blessés et dévasté plusieurs quartiers de la capitale.