La planète Mars que nous connaissons est froide et sèche. Autrefois, des rivières coulaient à sa surface et la température était plus agréable. Des chercheurs suggèrent aujourd’hui que des nuages de glace d’eau formés dans la haute atmosphère de la planète rouge ont pu être à l’origine de ce climat plus doux.

Perseverance, Ingenuity. Depuis quelques semaines, la planète Mars fait la Une. Et aujourd’hui encore. Mais cette fois, c’est son climat qui est à nouveau mis en avant. Car il n’a pas toujours été aussi froid et sec. Les chercheurs le savent depuis quelque temps. Pourtant ils ignorent toujours par quel processus exactement un climat doux a pu, par le passé, s’établir sur la planète rouge. Alors même qu’elle reçoit moins d’un tiers de l’énergie solaire que nous recevons sur Terre. Des planétologues de l’université de Chicago (États-Unis) suggèrent que des nuages de glace d’eau pourraient avoir aidé.

« Il existe une déconnexion embarrassante entre nos preuves et notre capacité à les expliquer en termes de physique et de chimie », raconte Edwin Kite, chercheur, dans un communiqué« Notre hypothèse contribue à combler cet écart. » Son modèle informatique valide en effet cette explication prometteuse : une fine couche de nuages de glace de haute altitude a pu se former dans l’atmosphère de Mars par le passé, provoquant un effet de serre.

Rappelons que d’autres idées ont été avancées par les astronomes au fil des années. Une collision avec un énorme astéroïde qui aurait libéré suffisamment d’énergie pour réchauffer la planète rouge, par exemple. Mais les calculs ont rapidement montré les limites de ces propositions.

Selon les chercheurs de l’université de Chicago, même une petite quantité de nuages dans la haute atmosphère d’une planète peut, en revanche, augmenter considérablement sa température. Le même genre d’effet qu’a le dioxyde de carbone (CO2) sur l’atmosphère de notre Terre aujourd’hui. L’idée avait déjà été soulevée il y a presque dix ans. Mais là encore, les modèles ne fonctionnaient pas.

Une fois que l’eau s’est déplacée dans l’atmosphère de Mars, elle y reste.

Le paramètre que les chercheurs ont aujourd’hui ajouté, c’est la quantité de glace au sol. Ils supposent que si seuls les régions polaires et les sommets des montagnes étaient recouverts de glace, l’air au sol pourrait avoir été suffisamment sec pour favoriser la formation de nuages d’altitude. « Notre modèle suggère qu’une fois l’eau déplacée dans l’atmosphère martienne primitive, elle y resterait assez longtemps pour créer les conditions favorables à des nuages de haute altitude à longue durée de vie », précise Edwin Kite. À l’inverse finalement de ce qui se passe sur Terre, où la grande quantité d’eau de surface entraîne une circulation rapide entre les océans et l’atmosphère.

Le rover Perseverance devrait pouvoir tester le modèle proposé par les chercheurs de l’université de Chicago. En analysant les cailloux pour reconstruire la pression atmosphérique passée sur Mars, par exemple. Car la question est importante à plus d’un titre. Elle pourrait éclairer la recherche d’autres mondes habitables. Mais aussi permettre de comprendre comment la stabilité climatique d’une planète peut s’effondrer et remettre en cause son habitabilité.

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