‘’Quand les États-Unis éternuent, le reste du monde s’enrhume’’. Ce proverbe qui a prévalu pendant les décennies de l’après-guerre demeure, aujourd’hui encore, un truisme ! La fièvre électorale américaine se fait sentir un peu partout à travers la planète. C’est un fait ! Ici en Haïti, des milliers de citoyens en ressentent les symptômes. Le rude combat électoral mettant aux prises l’actuel président des États-Unis, Donald Trump, et l’ancien vice-président américain, Joe Biden, intéresse les Haïtiens à un point tel que, pour certains, le récent assassinat d’Evelyne Sincère appartient au passé. On ne s’indigne plus. D’ailleurs, chez nous, bon ou mauvais, un sujet chasse l’autre. Kite peyi m vanse !

D’aucuns diraient qu’au moins sept Haïtiens sur dix sont Bidenistes. Nul besoin de sondages pour le prouver, les commentaires anti-Trump qui alimentent les discussions sur les réseaux sociaux en tiennent lieu. Deux raisons expliquent le « battement pro-démocrate » des cœurs en Haïti. La première est politique parce que l’actuel locataire de la Maison blanche, Donald Trump, est perçu par une foultitude d’Haïtiens comme le « bwa dèyè bannann » de Jovenel Moïse, le soutien infaillible qui permet, jusqu’ici, au pouvoir PHTK de résister aux assauts de l’opposition. La seconde est historique en ce sens que nombreux sont les Haïtiens, fiers de leur passé glorieux, à avoir ressenti un haut-le-cœur quand le milliardaire républicain avait traité Haïti de ‘’shitole country’’.

Qu’il soit démocrate ou républicain, l’élection de l’un ou de l’autre a toujours eu un quelconque impact sur la politique en Haïti. À titre d’exemples, rappelons-nous que la montée du républicain Ronald Reagan au pouvoir en 1981 a, à s’y méprendre, sonné le glas du règne dictatorial de Jean-Claude Duvalier. Que l’arrivée du démocrate Bill Clinton à la Maison blanche en 1993 a, sans contredit, favorisé le retour en Haïti de Jean-Bertrand Aristide, victime de coup d’Etat militaire. Donc, par ces deux considérations, l’histoire nous fait sentir le poids de l’Oncle Sam dans le jeu politique haïtien quel que soit le Parti, républicain ou démocrate, qui détient les commandes.

Il est démontrable par les faits qu’un président démocrate fait souvent preuve de plus d’empathie à l’égard d’Haïti, traite avec plus d’humanité l’Haïtien sans-papier foulant le sol d’Abraham Lincoln, quand le chef d’Etat républicain ne fait pas grand cas du sort de la première République noire, faisant ainsi peser sur le migrant haïtien le poids infernal d’un hard politic. Toutefois, admettons-le, qu’il soit républicain ou démocrate ni l’un ni l’autre ne « Nous » place en tête de la liste américaine des dossiers urgents.

Aujourd’hui comme hier, l’avenir d’Haïti ne dépend pas des États-Unis. Qu’il soit affublé de cravate bleue ou cravate rouge, qu’il s’appelle Joe Biden ou Donald Trump, celui qui présidera aux destinées de la République étoilée ne viendra opérer aucun miracle du coté occidental de l’île d’Hispaniola. D’ailleurs, frappés de plein fouet par le Covid-19, les États-Unis ont une économie à redresser, l’expansion d’un marché chinois à freiner, la puissance politique d’une Russie à limiter, l’arrogance militaire d’une Corée du nord à tempérer…

Ni Biden ni Trump, mais Nous ! C’est à Nous, Nous autres Haïtiens d’ici et d’ailleurs, qu’il revient, aujourd’hui plus que jamais, de faire d’Haïti une nation debout !

GeorGes E. Allen

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