Victoria Fontan, vice-présidente de l’Université américaine d’Afghanistan a été rapatriée ce samedi de Kaboul. Sur le plateau de BFMTV, elle raconte l’arrivée des talibans dans la capitale, mais aussi l’aéroport devenu « un camp de réfugiés grandeur nature. »Victoria Fontan, vice-présidente de l’Université américaine d’Afghanistan a été rapatriée ce samedi de Kaboul. Sur le plateau de BFMTV, elle raconte l’arrivée des talibans dans la capitale, mais aussi l’aéroport devenu « un camp de réfugiés grandeur nature. »

Victoria Fontan, vice-présidente de l’Université américaine d’Afghanistan a été rapatriée ce samedi de Kaboul. Sur le plateau de BFMTV, elle raconte l’arrivée des talibans dans la capitale, mais aussi l’aéroport devenu « un camp de réfugiés grandeur nature. »

Un « déchirement total. » Victoria Fontan, vice-présidente de l’Université américaine d’Afghanistan a été rapatriée ce samedi de Kaboul. Elle faisait partie des passagers du cinquième vol d’évacuation de Kaboul vers la France, après un crochet par Abou Dhabi. Sur le plateau de BFMTV, elle évoque sa douleur de quitter aussi brutalement le pays, mais dénonce aussi le cynisme de la communauté internationale.

La vice-présidente de l’Université américaine d’Afghanistan a fait le récit de ce dimanche 15 août, lorsque Kaboul est tombé sous le joug des talibans: « Kaboul tombe sans aucun effort des talibans. Les gens sont terrés chez eux », se souvient-elle. « Tout le monde se sent impuissant face à ce qui était inéluctable », ajoute l’universitaire.

Elle évoque alors le « double discours talibans », avec les porte-paroles qui assurent vouloir rester aux portes de Kaboul pour ne pas prendre la ville par la force et puis la réalité du terrain, avec des talibans bien présents dans la rue, « armes à la main », à l’origine de « combats sporadiques. » Victoria Fontan reçoit alors de nombreux messages de ses étudiants, très inquiets:

« Nos étudiants commencent à nous envoyer des messages pour nous dire ‘ils sont là, qu’est-ce qu’on fait?' »

L’universitaire trouve ensuite refuge dans un campement d’une société privée, avec d’autres étrangers. Mais très vite, celui-ci est attaqué par un groupe de talibans appartenant à la frange la plus extrême du mouvement, déjà responsable de la mort de deux professeurs en 2014, puis de l’enlèvement de deux autres en 2016. « Dès qu’on a su que c’était eux, ça nous a fait froid dans le dos », poursuit-elle.

Pour elle, les talibans sont épris d’un sentiment de vengeance, en témoigne la photo qu’elle a reçu ce samedi soir de talibans devant son université, avec en légende: « Nous sommes à l’université qui enseigne contre l’islam. » « On se sent humiliée », souffle-t-elle.

Concernant les images dramatiques d’Afghans tentant de fuir à tout prix en s’accrochant à des avions, la vice-présidente de l’Université américaine ne cache pas son dégoût f comportement de la communauté internationale: voir aidé les Français: « Faites quelque chose pour moi! »

Une fois à l’aéroport, Victoria Fontan, comme les autres étrangers sont placés « en attente en fil, assis sur le tarmac. » « Quand l’avion arrive, on a 20 minutes pour monter dedans et il faut faire vite. » Autour du tarmac, la Française voit « des queues interminables de personnes assises »:

« On se sent dans un camp de réfugiés grandeur nature. »

Concernant les images dramatiques d’Afghans tentant de fuir à tout prix en s’accrochant à des avions, la vice-présidente de l’Université américaine ne cache pas son dégoût fce au comportement de la communauté internationale:

« Quel affront et quelle humiliation du peuple afghan jusqu’à la fin. Passer vingt ans avec eux, être accueilli par eux, rêver avec eux d’un futur et puis finalement leur dire ‘ciao ça n’a pas marché, on vous laisse à votre sort et soyez plus intelligent la prochaine fois. »

Quitter l’Afghanistan est pour Victoria Fontan un « déchirement total », explique-t-elle, car « on laisse derrière nous des gens qui avaient beaucoup d’espoirs. »