L’histoire rapporte que des Haïtiens ont toujours migré en terre voisine depuis la nuit des temps. Soit en quête d’une vie meilleure, soit pour des questions d’études, des Haïtiens, en particulier des jeunes, ont toujours déposé leurs valises en République Dominicaine.

Pendant ces dix dernières années, le nombres de ressortissants Haïtiens en République voisine a considérablement augmenté. Mis à part la question d’études, nombreux sont ces jeunes qui fuient l’insécurité et la cherté de la vie en Haiti pour tenter de réaliser leur rêve le plus cher. Ils ont quand même fait leur beurre. Nous avons rencontré des jeunes Haïtiens qui entreprennent en République Dominicaine et ils ont craché le morceau.

Ils sont, entre autres comédiens, étudiants, promoteurs, DJs, entrepreneurs, commerçants et actrices. Ces jeunes font feu de tout bois dans l’autre bout de l’île pour atteindre leurs objectifs fixés.

Jessica Agella, une jeune haïtienne qui a migré en République dominicaine en 2010 à l’âge de 15 ans, a toujours eu une passion débordante pour la pédicure et la manucure. Toute jeune, elle a été employée dans un studio de beauté. Depuis tantôt 5 ans, elle est devenue propriétaire d’un studio de beauté avec plus de 5 employés, compris haïtiennes et dominicaines. Elle rêve d’avoir plusieurs autres studios dans toutes les villes du pays.

Moise Louis, PDG de Big MO Prodz, a commencé en Haïti depuis en 2018 dans le secteur événementiel. Fuyant l’exaction des bandits armés qui ont paralysé les activités nocturnes, BIG MO s’installe définitivement à Santo Domingo. Cette production organise chaque mercredi des activités à l’hôtel Aquarium. BIG MO réalise d’autres soirées avec d’autres partenaires. Il investit également dans le call center et la location de véhicules.

Cyndie Lundy, actrice et modèle, s’est installée définitivement en République dominicaine depuis 2010. Née à Port-au-Prince, Mlle Lundy s’est vue obligée d’abandonner sa terre natale pour mieux concrétiser ses rêves. Elle a commencé comme figurante dans des films dominicains. Ainsi, elle a joué dans des films comme Hôtel Coppelia. Le dernier film qu’elle a participé « Perejil » est encore à l’affiche dans toutes les salles de cinéma du pays. À souligner que l’actrice travaille dans une agence de voyage et est encore étudiante en Administration d’entreprises et Acting.

Luckson François, jeune haïtien qui réalise les bals les plus marquants dans la communauté haïtienne à Santo Domingo avec des groupes musicaux de renoms comme Klass, Harmonik, Gabel, Mass Konpa et j’en passe. Avec ses Productions, Luckson Business group et Chill Out Thursday, de nombreux activités ont vu le jour pour les délices de sa belle clientèle.

Le jeune comédien Tcheley, pour sa part rappelle qu’il n’a pas laissé Haïti pour des raisons d’ordre sécuritaire. Il avait toujours rêvé de vivre dans l’autre partie de l’île. Avec ses sketchs amusants, il enflamme le web. Il est payé par la plateforme YouTube tous les mois. Les autres publicités lui permettent de gagner beaucoup plus d’argent. Il compte bientôt organiser des spectacles dans des salles de théâtre avec ses amis comédiens.

DJ Kosmobek, l’un des plus populaire de la capitale dominicaine. Du mercredi au dimanche, il arpente tous les clubs de la capitale pour animer des soirées. Volcimus Gullit, de son vrai nom gagne paisiblement sa vie comme DJ et entrepreneur. Depuis 2008, son denon et lui sont inséparables. En janvier 2020, il s’installe à Santo Domingo. A rappeler que ce jeune DJ est propriétaire d’une location de voiture dans la capitale dominicaine.

Joana Pikliz, est le restaurant haïtien le plus fréquenté à Las Americas. Tous les haïtiens, que ce soit ceux qui y résident ou ceux qui sont de passage, connaissent ce restaurant qui ne sert que des plats haïtiens. Mme Katia Suffren, la sœur aînée de la propriétaire du restaurant nous a confié que ce restaurant desservi la communauté haïtienne depuis en février 2016. Dans un premier temps, c’était dans un parking que les clients avaient rendez-vous tous les midis. Chemin faisant, Joana Suffren, la PDG de concert avec sa famille, a concocté un espace plus attrayant pour recevoir ses clients. Aujourd’hui, Joana Pikliz gère plus d’une vingtaine d’employés, tous haïtiens.

Si ces jeunes et bien d’autres pourraient être repoussés, voire foulés au pied dans leur propre pays, ils sont pourtant bien reçus et bien encadrés dans la République voisine. Haïti représente indubitablement, un enfer pour tous ceux et toutes celles qui veulent investir. Néanmoins, en République Dominicaine ces jeunes investisseurs témoignent qu’il n’ont peur ni des bandits, ni des troubles politiques. Selon leurs dires, même les taxes qui leur sont imposés en République Dominicaine représente une somme insignifiante par rapport à ce qu’ils gagnent.

Richarson Bigot