Invité de BFMTV, Philippe Etienne a réaffirmé l’incompréhension des autorités françaises face à la rupture inattendue du « contrat du siècle ». Pour « se réengager », l’Hexagone va donc poser ses conditions pour « continuer à peser dans la région ».Invité de BFMTV, Philippe Etienne a réaffirmé l’incompréhension des autorités françaises face à la rupture inattendue du « contrat du siècle ». Pour « se réengager », l’Hexagone va donc poser ses conditions pour « continuer à peser dans la région ».

Invité de BFMTV, Philippe Etienne a réaffirmé l’incompréhension des autorités françaises face à la rupture inattendue du « contrat du siècle ». Pour « se réengager », l’Hexagone va donc poser ses conditions pour « continuer à peser dans la région ».

C’est un fait rarissime pour la diplomatie internationale française: samedi dernier, Philippe Etienne, ambassadeur français aux Etats-Unis, ainsi que son homologue en Australie, Jean-Pierre Thébault, sont rappelés pour consultation auprès de l’Elysée. « C’est un geste fort qui exprime une position très ferme », explique le premier ce mardi, invité sur le plateau de BFMTV, qui a également évoqué la suite des événements.

Car Philippe Etienne le certifie: la colère n’est pas encore retomber du côté de l’exécutif français. « Je ne peux que confirmer les termes qui ont été utilisés par les membres du gouvernement », lance-t-il. « Il y a eu une rupture de la confiance. Il faut donc la reconstruire et cela ne se fera pas immédiatement ». Car la situation n’équivaut pas à la « rupture des relations », tempère l’ambassadeur.

La France pose désormais ses conditions pour renouer le dialogue avec ses partenaires australiens et américains. Pour Philippe Etienne, une première étape a déjà été franchie avec la conversation téléphonique prévue entre Emmanuel Macron et Joe Biden. Mais l’ambassadeur, basé en temps normal à Washington D.C., ne peut s’empêcher de s’étonner du comportement de ces pays et alliés traditionnels alors que l’exécutif français avait manifesté au grand jour son intérêt stratégique pour la zone indo-pacifique:

« Nous aussi sommes engagés dans cette région. Et c’est l’un des problèmes très sérieux que nous avons avec ce qui s’est passé. C’est en Australie que le président de la République avait annoncé en mai 2018 une nouvelle stratégie pour l’indo-pacifique. C’est pourquoi nous ne comprenons pas l’attitude de l’Australie et des Etats-Unis ».

Concernant les Américains, qui ont finalement récupérer le contrat avec l’Australie, l’apparente continuité entre les diplomaties telles que pratiquéees par Donald Trump et Joe Biden – dénoncée par le ministre français des affaires étrangères Jean-Yves le Drian – soulève la prégnance de « la question chinoise » pour Philippe Etienne. Quitte, donc, à couper l’herbe sous le pied de la France: contrairement à ce qu’indiquent les autorités australiennes, l’ambassadeur maintient que les négociations évoluaient vers une issue favorable.

Les Australiens et les Français ont eu un contact tout l’été. Le 15 septembre, un message est adressé par le gouvernement australien à Naval Group : on apprend que les autorités sont très contentes du fonctionnement du programme. Cette même journée, on a appris la notification qu’on arrêtait le programme. C’est la réalité.

Sur BFMTV, Philippe Etienne a d’autre part réaffirmé l’intention française de « continuer à peser dans la région », faisant valoir que la France est « le seul pays européen à avoir des territoires, des populations, des forces armées prépositionnées » dans cette zone.

La « claire solidarité » envers la France exprimée par l’Union européenne en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, lundi, rassérène un tant soit peu l’exécutif et l’ambassadeur français. « Je crois que la France n’est pas seule avec les Européens », considère-t-il. De qui encourager le multilatéralisme européen prôné par le ministre des affaires étrangères français, Jean-Yves Le Drian, mais sans envisager de « remettre en cause la place de la France dans l’OTAN », conclut Philippe Etienne.