Début octobre, le président chinois Xi Jinping avait assuré vouloir « réaliser la réunification de la patrie par des moyens pacifiques est dans l’intérêt général de la nation chinoise. »Début octobre, le président chinois Xi Jinping avait assuré vouloir « réaliser la réunification de la patrie par des moyens pacifiques est dans l’intérêt général de la nation chinoise. »

Début octobre, le président chinois Xi Jinping avait assuré vouloir « réaliser la réunification de la patrie par des moyens pacifiques est dans l’intérêt général de la nation chinoise. »

La situation est extrêmement préoccupante en mer de Chine. Depuis maintenant plusieurs semaines, le régime de Pékin a mis en place un « harcèlement » de Taïwan, revendiquée comme chinoise par le régime communiste qui verrait d’un bon oeil le retour de l’île dans son giron. De son côté, le régime insulaire refuse cette possibilité, et aurait même des velléités d’indépendance, qui pourraient à très court terme provoquer un chaos à l’échelle mondiale.

Les relations entre la Chine et Taïwan ont toujours été plus ou moins tendues. Située à l’est de l’Empire du milieu, cette île auparavant appelée Formose a pendant plusieurs années été une colonie espagnole, puis hollandaise, avant d’être finalement conquise à la fin du XVIIe siècle par la dynastie Qing, dernière dynastie impériale à avoir régné sur la Chine. Cette mainmise chinoise sur l’île volcanique d’un peu plus de 35.000 km² va perdurer jusqu’en 1895, moment où elle est cédée de force au Japon après la défaite durant la guerre sino-japonaise.

Au terme du second conflit mondial, à la suite de la défaite japonaise de 1945, les tensions sont de plus en plus latentes. Alors que, depuis 1912, la République de Chine est instaurée, cette dernière recule de plus en plus face aux à-coups communistes et ses dirigeants, dont Tchang Kaï-chek, s’installent sur l’île, comme un défi à Mao qui s’est fait la promesse de reprendre Taïwan. Un objectif qu’il finira par abandonner.

Depuis, si Taïwan et la Chine ont amorcé un rapprochement commercial, le régime de Pékin n’a jamais vraiment mis de côté l’idée de s’approprier l’île. Début octobre, Xi Jinping, le président chinois, avait à l’occasion des commémorations du 110e anniversaire de la révolution de 1911 promis une « réunification » pacifique avec Taïwan.

« Réaliser la réunification de la patrie par des moyens pacifiques est dans l’intérêt général de la nation chinoise, y compris des compatriotes de Taïwan », a-t-il également dit.

Depuis maintenant plusieurs semaines, les relations diplomatiques entre la Chine et Taïwan sont au plus mal, en particulier à cause du survol de plus de 150 avions de l’Armée populaire de libération (APL) au-dessus de la zone aérienne de défense (ADIZ) de l’île, événement vécu comme une provocation à la suite des propos du président chinois.

Le ministre taïwanais de la Défense a d’ailleurs estimé que même une « légère imprudence » ou une « erreur de calcul » pourrait déclencher « une crise » dans le détroit de Taïwan, ajoutant que Pékin serait en mesure de lancer une attaque de grande envergure en 2025.

La Chine « en est capable maintenant, mais elle doit calculer le coût qu’elle devra payer et le type de résultat qu’elle souhaite obtenir. Après 2025, le coût et les pertes seront réduits au minimum », a déclaré le ministre, sans donner plus de détails, alors que le président Xi Jinping a qualifié la prise de contrôle de Taïwan d' »inévitable », en particulier si l’île venait à déclarer son indépendance. Dès lors, plusieurs manifestations ont été organisées à Taipei afin de s’élever contre cette menace à peine voilée.

Une manifestation organisée contre le régime chinois le 1er octobre 2021 © SAM YEH / AFP

En réalité, Pékin a accentué la pression sur Taïwan depuis l’élection en 2016 de la présidente Tsai Ing-wen, qui rejette le « principe d’une seule Chine ». Cette dernière s’est d’ailleurs montrée insensible aux pressions chinoises et a assuré que Taïwan défenderait son système démocratique.

« Ils (les représentants de la communauté internationale, ndlr) devraient se souvenir que si Taïwan venait à tomber, les conséquences seraient catastrophiques pour la paix dans la région et pour le système d’alliance démocratique. Cela serait le signal que dans la confrontation mondiale de valeurs aujourd’hui, l’autoritarisme prend le dessus sur la démocratie », a-t-elle de plus écrit dans Foreign Affairs.

Lors de sa prise de parole, Xi Jinping a également mis en garde la communauté internationale contre toute ingérence étrangère. « La question de Taïwan est une affaire purement interne à la Chine », a-t-il d’ailleurs martelé.

« Nul ne doit sous-estimer la forte détermination […] du peuple chinois à défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale », a-t-il encore averti.

D’autant que, ces derniers jours, Pékin a fortement fustigé une « grave atteinte » à sa relation avec Washington, après l’annonce de la présence de soldats américains à Taïwan en tant que formateurs de l’armée de l’île revendiquée par la Chine.

Selon le Wall Street Journal, une vingtaine de militaires des forces spéciales américaines et un contingent de soldats du corps des Marines forment des petites unités de l’armée de terre et de la marine taïwanaises.

Seulement, en cas d’invasion de Taïwan par la Chine, la situation s’annoncerait dramatique et pourrait déboucher sur un nouveau conflit mondial. « Si Taïwan est attaquée, nous allons voir un conflit majeur entre les États-Unis et la Chine, qu’il sera très difficile de contenir, avec un risque d’escalade nucléaire », estime auprès du Figaro Bonnie Glaser, du Center for Strategic and International Studies (CSIS).

Le 6 octobre dernier, une délégation de quatre sénateurs français conduite par un ancien ministre de la Défense Alain Richard s’est rendu à Taïwan afin de s’entretenir avec la présidente Tsai Ing-wen malgré les vives protestations de l’ambassade de Chine en France. Le ministère français des Affaires étrangères a rejeté les protestations de la Chine, affirmant que les sénateurs étaient libres de leurs déplacements.

Lors de ce séjour, le parlementaire français a qualifié jeudi l’île de « pays » au terme d’une brève allocution après avoir reçu une médaille d’honneur des mains de la présidente Tsai Ing-wen.

Un terme qui officialise l’existence de Taïwan et qui risque d’irriter encore plus le régime de Pékin, d’autant que ce dernier avait averti des dangers que pouvait représenter un tel séjour. L’ambassade de Chine à Paris a ainsi averti, sur son site internet, que la visite des sénateurs français porterait atteinte aux intérêts chinois, aux relations franco-chinoises et « à l’image de la France ».

En février, cette même ambassade avait écrit une lettre à ce même Alain Richard prévenant qu’une visite à Taïwan « violerait clairement le principe d’une seule Chine et enverrait un mauvais signal aux forces indépendantistes de Taïwan ».

Ce mardi, invité sur l’antenne de BFMTV, le candidat de la France insoumise à la prochaine présidentielle Jean-Luc Mélenchon s’est également exprimé sur cet épineux sujet. Après avoir rappelé que « Taïwan n’est pas reconnu par l’ONU », ce dernier a donné son avis, plus tempéré et à contre-courant, sur la situation actuelle.

« Les Chinois n’ont pas l’intention d’envahir Taïwan. Mais si Taïwan se déclare indépendant alors il est possible que la Chine, à juste titre, trouve qu’une ligne rouge a été franchie. Il faut trouver le moyen qu’il ne se passe rien, assez de guerre. Nous ne sommes pas les gendarmes du monde », insiste-t-il.