Nos journalistes Thierry Arnaud et Ulysse Gosset se trouvaient respectivement à New York et à Washington le 11 septembre 2001, lorsque les attentats ont frappé l’Amérique. 20 ans plus tard, ils racontent à BFMTV cette journée dans le chaos.Nos journalistes Thierry Arnaud et Ulysse Gosset se trouvaient respectivement à New York et à Washington le 11 septembre 2001, lorsque les attentats ont frappé l’Amérique. 20 ans plus tard, ils racontent à BFMTV cette journée dans le chaos.

Nos journalistes Thierry Arnaud et Ulysse Gosset se trouvaient respectivement à New York et à Washington le 11 septembre 2001, lorsque les attentats ont frappé l’Amérique. 20 ans plus tard, ils racontent à BFMTV cette journée dans le chaos.

Vingt ans après les attentats du 11-Septembre 2001 à New York, les journalistes de BFMTV qui se trouvaient aux États-Unis à cette date partagent leurs souvenirs de cette journée aussi cauchemardesque qu’historique. Ce jour-là, 2753 personnes sont mortes après qu’un commando d’Al-Qaïda a précipité deux avions de ligne dans les tours jumelles de Manhattan. Un troisième avion, lui, s’écrasera sur le Pentagone à Washington D.C, et un quatrième s’écrasera en rase campagne en Pennsylvanie.

À l’époque, Thierry Arnaud, directeur de la rédaction de BFM Business, travaille comme correspondant français à New York pour un journal de presse écrite depuis trois ans. Il raconte, sur la chaîne twitch de BFMTV ce vendredi, cette journée mémorable dans la plus grande métropole américaine, alors que celle-ci est frappée par les attentats les plus meurtriers de son Histoire.

Le mois de septembre « était mon mois préféré à New York », confie le journaliste, qui se rappelle précisément la météo ce jour-là. « Ce matin-là, c’est l’été indien: il fait un temps magnifique », raconte celui qui décide alors d' »accompagner ses enfants à l’école à pied » avant de se rendre tranquillement à son travail.

À 8h46, au moment où le premier avion touche la tour nord de Mahnattan, « je suis tranquillement installé à mon bureau qui se trouve à Midtown », à environ 5 km des tours du World Trade Center. « Je suis en train de lire les journaux et de commencer ma journée comme d’habitude. Dans le bureau, il y a une télévision mais je ne l’ai pas encore allumée. C’est quelqu’un de ma famille, qui séjourne chez moi à ce moment-là, qui m’appelle et me dit: ‘les avions, la tour’.

« Là, j’allume la télévision, et on est au début de la tragédie: le premier avion vient de taper la tour nord », se remémore le journaliste, qui de là où il se trouve n’entend nullement le bruit de l’avion qui percute la tour. « New York est une ville bruyante, les fenêtres de mon bureau sont fermées et je suis à 5km », explique-t-il. « En revanche, on a très vite les odeurs », poursuit Thierry Arnaud, qui décrit « une odeur de plastique et de caoutchouc brûlé. »

Au début, Thierry Arnaud ne pense pas qu’il s’agisse d’un attentat. « Les premières minutes de couverture par les médias américains, c’est: ‘un avion a percuté la tour’ mais ils pensent que c’est un petit avion de tourisme… peut-être un accident, une faute de pilotage. Donc dans les premières minutes, on ne prend pas du tout la mesure de ce qui est en train de se passer ».

« Ensuite, les choses vont très vite », se souvient-il précisément. « La deuxième tour est touchée à peine une demie-heure plus tard », à 9h03. Les yeux et les caméras étant déjà tous rivés sur le World Trade Center, le monde entier est alors témoin des images du deuxième avion de ligne en train de percuter la tour sud.

Ulysse Gosset, éditorialiste spécialisé dans les questions internationales pour BFMTV, est alors correspondant pour TF1 dans la capitale américaine. Le 11 septembre 2001 au matin, il « roule dans Washington, téléphone à la main » lorsqu’il voit « cette fumée noire qui s’échappe du Pentagone ». « C’est un choc incroyable, un chaos total. On ne peut plus téléphoner, c’est pour ça que je garde précieusement mon téléphone à la main pour pouvoir être en direct » pour la télévision.

« C’est assez incroyable mais à ce moment-là, personne ne peut croire qu’il s’agisse d’Al-Qaïda, de Ben Laden », se souvient-il. « Moi-même j’ai du mal à y croire. Lorsqu’on m’appelle à 8h47, je crois que c’est un accident, qu’un petit avion s’est fracassé contre la première tour du World Trade Center. Mais jamais on ne peut imaginer que 4 avions puissent être transformés en armes de destruction massive ».

À New York à ce moment-là, Thierry Arnaud ne se rend pas au World Tarde Center. « Il faut essayer de gérer ses obligations personnelles et professionnelles. On essaie déjà de comprendre ce qui se passe. Moi, je suis à 5 km de distance, donc j’essaie de faire mon propre travail de journaliste. Et derrière il y a aussi une dimension personnelle, parce qu’on se rend compte qu’il y a quelque chose de très grave qui est en train de se passer. J’ai personnellement des enfants à l’école. »

Mais « très vite, on va nous demander de quitter la tour dans laquelle nous nous trouvons », poursuit-il. « Je ne suis pas dans un étage très élevé mais toutes les tours de New York sont évacuées et on va être invités à rentrer chez nous. Une fois à l’extérieur, il se retrouve « avenue Lexington, mais plus rien ne fonctionne: il n’y a plus de téléphone, plus de transports en commun. Ni métro, ni bus, rien. Tout le monde marche dans les rues, et au bout d’un moment on rencontre des gens couverts de poussière, complètement hagards, qui remontent à pied depuis le sud de Manhattan ».

Thierry Arnaud raconte qu’il rentre chez lui à pied, « 30 blocs vers le nord de Manhattan, à 7 ou 8 km de là dans la direction opposée de là où ça s’est passé ». Pourtant une fois chez lui, au 38e étage de son immeuble, il dit voir « cette fumée noire qui monte » et « ces odeurs qu’on va sentir pendant des jours ».

Sur la chaîne Twitch de BFMTV, Thierry Arnaud se rappelle « du sentiment d’incrédulité » qui le saisit ce jour-là. « On ne pense pas que ces deux tours peuvent s’effondrer, car leur structure a l’air intacte. On sait que ça va être terrible, qu’il va y avoir beaucoup de victimes, mais on ne pense pas que les deux tours vont s’effondrer ». Il confie également « la peur » qui le gagne ce matin-là, lorsqu’il « comprend que c’est un attentat ».

« À mesure que les minutes défilent, le scénario est de plus en plus épouvantable », rapporte-t-il. « Après les deux tours, il y a une période d’incertitude où on sait que plusieurs avions ont été détournés mais on ne sait pas combien. Ensuite on apprend qu’on avion est entré dans le Pentagone, puis en Pennsylvanie. On se dit: ‘mais où est-ce que ça va s’arrêter? »

Thierry Arnaud décrit « un état de sidération ». « Quelques heures après, la ville n’est plus la même. Normalement New York, c’est la ville qui ne dort jamais… Or là, tout d’un coup, il ne se passe plus rien, tout s’est arrêté: les rues sont vides, il n’y a plus une voiture qui roule, la ville est silencieuse ».

« C’était initialement une journée magnifique » et ensoleillée, se souvient aussi Ulysse Gosset sur le plateau de BFMTV. « Puis tout d’un coup, c’est le noir des tours qui s’effondrent et le visage du président des États-Unis (George W. Bush) qui se trouve à ce moment-là dans une classe en Floride auprès d’enfants de 7 ans. C’est ce président qui dans un premier temps ne bouge pas, mais qui sait que l’Amérique est attaquée ».

« La sidération est immense, et elle est d’autant plus forte que c’est la première fois qu’un événement de cette ampleur a lieu aux États-Unis, sur le territoire américain », analyse Thierry Arnaud. « À ce moment-là, l’Amérique se découvre une vulnérabilité ».