Robert O’Neill est un ancien soldat des forces spéciales américaines qui a abattu Oussama Ben Laden le 2 mai 2011 dans son QG pakistanais. Aujourd’hui, il ne décolère pas devant le dénouement de la présence des États-Unis en Afghanistan, reconquis par les talibans avant même la fin du retrait des troupes américaines.Robert O’Neill est un ancien soldat des forces spéciales américaines qui a abattu Oussama Ben Laden le 2 mai 2011 dans son QG pakistanais. Aujourd’hui, il ne décolère pas devant le dénouement de la présence des États-Unis en Afghanistan, reconquis par les talibans avant même la fin du retrait des troupes américaines.

Robert O’Neill est un ancien soldat des forces spéciales américaines qui a abattu Oussama Ben Laden le 2 mai 2011 dans son QG pakistanais. Aujourd’hui, il ne décolère pas devant le dénouement de la présence des États-Unis en Afghanistan, reconquis par les talibans avant même la fin du retrait des troupes américaines.

Le 2 mai 2011, il était du commando qui s’est infiltré au sein même du complexe sécurisé d’Abbottabad, au Pakistan, où Oussama Ben Laden avait trouvé son dernier refuge. Mieux, c’est lui qui, en sa qualité de tireur d’élite, a abattu le maître d’Al-Qaïda, maître d’œuvre des attentats du 11 septembre 2001. Et ce dimanche, dans les colonnes du JDD, l’ex-Navy Seal (le nom qui désigne les forces spéciales de la Marine américaine) Robert O’Neill confie tout le mal qu’il pense de la situation régnant désormais en Afghanistan, un pays ramené au chaos puis reconquis par les talibans avant même la fin du retrait des troupes américaines. C’est simple, pour lui, il s’agit d’un « naufrage ».

Il ne faut pas s’y méprendre cependant. Le vétéran qui, sur les réseaux sociaux notamment, ne fait pas de mystère ni de ses opinions conservatrices, ni de son soutien à Donald Trump, ne reproche pas à ses compatriotes d’en faire trop peu… mais d’en avoir trop fait pour un si piètre résultat.

« Notre mission était d’attraper Oussama Ben Laden. Donc on aurait dû s’en aller après. Point barre. Alors, assister en plus à un tel naufrage, c’est une honte », lâche-t-il ainsi à l’hebdomadaire français depuis New York.

« Mais je suis très triste surtout pour tous ceux qui sont morts là-bas. Cette évacuation a été menée avec des arrière-pensées politiques et non de façon pragmatiques et réalistes » accuse-t-il. Il déplore alors:

« On a fait le job pour défendre notre façon de vivre, notre démocratie et la vôtre, et maintenant on leur laisse tout, notre matériel, nos armes, nos blindés légers, nos hélicoptères, dont ils ne savent pas se servir, pas encore. Ils doivent bien se marrer parce qu’après tout, ils nous ont toujours dit: ‘Vous, les Américains, vous avez l’heure, et nous, on a le temps’. Ils savaient qu’ils gagneraient et c’est fait. »

Selon lui, non seulement les Etats-Unis perdent beaucoup de leur superbe au plan international dans le drame afghan mais c’est toute leur politique étrangère qui est compromise dans un avenir immédiat.

« Qui voudrait aujourd’hui risquer sa peau en collaborant avec les soldats américains pour un pays qui va vous laisser sur le carreau? Ce n’est pas seulement un désastre pour les Afghans, c’est aussi un désastre pour l’avenir de la politique étrangère américaine », pose-t-il. Il glisse même: « C’est comme si on revenait à la case départ, au 11 septembre 2001. »