Une étude épidémiologique espagnole, bientôt publiée dans le Journal of Travel Medicine, s’est penchée sur le nombre de personnes mortes en se prenant en photo dans le monde. Elle révèle qu’au moins 379 personnes sont mortes dans ces circonstances depuis 2008 dans le monde, un chiffre en hausse constante.Une étude épidémiologique espagnole, bientôt publiée dans le Journal of Travel Medicine, s’est penchée sur le nombre de personnes mortes en se prenant en photo dans le monde. Elle révèle qu’au moins 379 personnes sont mortes dans ces circonstances depuis 2008 dans le monde, un chiffre en hausse constante.

Une étude épidémiologique espagnole, bientôt publiée dans le Journal of Travel Medicine, s’est penchée sur le nombre de personnes mortes en se prenant en photo dans le monde. Elle révèle qu’au moins 379 personnes sont mortes dans ces circonstances depuis 2008 dans le monde, un chiffre en hausse constante.

Depuis le début de l’année 2021, une personne est morte chaque semaine en tentant de prendre un selfie dans le monde. C’est ce que révèle une récente étude épidémiologique qui sera bientôt publiée dans le Journal of Travel Medicine et qui a été réalisée par la Fondation iO, une organisation scientifique espagnole spécialisée dans l’étude des maladies tropicales et liées au voyage.

Cette étude, qui est la première du genre, a été menée par un collectif de sept scientifiques espagnols. Elle révèle qu’au moins 379 personnes sont mortes à travers le monde entre janvier 2008 et juillet 2021 alors qu’elles étaient en train de prendre un selfie. Et d’après ces données, la tendance était particulièrement à la hausse ces sept derniers mois, avec 31 accidents mortels depuis le mois de janvier 2021.

Sur cette période, « cela représente un mort tous les 13 jours », explique à BFMTV.com Cristina Juesas, une des co-signataires de l’étude. « C’est un chiffre qui tend à augmenter chaque année, à l’exception de l’année 2020 au cours de laquelle il y a eu beaucoup moins de tourisme de masse en raison du Covid-19. En effet depuis l’année dernière, des restrictions de circulation ont été mises en place dans plusieurs pays », faisant baisser le nombre de déplacements.

Un grand nombre de ces victimes, selon l’étude espagnole, sont des touristes ayant pris des risques dans des endroits du monde qu’ils connaissaient mal. En effet, la fondation iO note qu’une victime sur trois était en voyage au moment de sa mort, et que les trois causes principales de ces décès sont: les chutes dans le vide, les moyens de transport (accidents de train ou de voiture), et les noyades.

Selon l’étude, dans le détail, 216 morts (sur les 379 morts recensés en 13 ans) sont dues à des chutes. Des personnes qui étaient montées sur des cascades, des falaises ou encore des toits pour prendre des photos. Par ailleurs, 123 personnes sont mortes dans des accidents liés aux moyens de transport, 66 sont mortes noyées. 24 autres ont péri dans des incidents liés aux armes à feu (notamment des suicides) ou des électrocutions, et 17 sont mortes des suites de blessures liées à des attaques d’animaux sauvages.

Christina Juesas, une des cosignataires de l’étude sur les morts en prenant des selfies. © BFMTV

« Il y a de quoi s’inquiéter », souligne tout de même la chercheuse, « à la fois d’un point de vue médical et d’un point de vue sanitaire, car dans certains pays occidentaux comme en France ou en Espagne, le nombre de personnes mortes par selfie dépasse le nombre de morts du paludisme ».

L’étude rapporte que parmi la cinquantaine de pays qui ont enregistré le plus de morts de la sorte, l’Inde arrive en première place, avec 100 morts depuis 2008, les États-Unis en seconde avec 39 décès, et la Russie en 3e avec 33 morts. « Les chiffres de l’Inde s’expliquent en partie par le fait que beaucoup de personnes dans le pays prennent des selfies en sortant leur corps par la fenêtre ou la porte des trains », explique Cristina Juesas.

« Aux États-Unis ou en Russie, cela s’explique plutôt par l’étendue des pays, et par l’immensité de certains de leurs espaces touristiques. Beaucoup de personnes voyagent seules, et certaines peuvent se retrouver dans des situations où elles risquent leur vie », poursuit-elle.

La France, elle, ne fait pas partie des 10 pays recensant le plus importants nombre de victimes. Mais l’étude fait toutefois état de la mort de Wang Jian, le milliardaire chinois de 57 ans mort le 4 juillet 2018 à Bonnieux dans le Vaucluse, après une chute accidentelle alors qu' »il était monté sur un parapet en hauteur pour se prendre en photo ».

Un jeune homme en train de se faire prendre en photo devant le barrage de Glen Canyon aux États-Unis en 2011, l’un des lieux touristiques les plus risqués pour la prise de selfies (Photo d’illustration). © Flickr – CC Commons – Ethan Trewhitt

Cristina Juesas indique aussi que les lieux touristiques considérés comme « les plus dangereux » pour s’adonner à la pratique du selfie sont les chutes du Niagara à la frontière américano-canadienne, le barrage de Glen Canyon aux États-Unis, Charco de Burro en Colombie, Penha beach au Brésil, les chutes de Mlango au Kenya, les montagnes de l’Oural en Russie, mais encore le Taj Mahal ou la vallée de Doodhpathri en Inde.

La chercheuse note également que « l’âge est un facteur de risque, puisque l’âge moyens des victimes identifiées est de 24,4 ans ». Par ailleurs, rappelle-t-elle, « 41% de ces victimes sont des jeunes de moins de 19 ans, et 37% des personnes dans la vingtaine ». Selon elle, deux tiers des victimes s’avèrent être des hommes.

Pour réaliser cette étude, les chercheurs ont rassemblé le plus de données possible grâce à un outil de renseignement épidémiologique, appelé le Heimdllr-Project. Ce dernier leur a permis de compiler l’ensemble des événements (informations relayées dans la presse ou via des communiqués) publiés depuis 2008 dans les six langues les plus utilisées au monde, à savoir l’anglais, l’espagnol, le français, l’allemand, le portuguais et l’italien.

Cristina Juesas souligne ainsi les limites de cette étude, qui de fait n’inclut que les cas de morts par selfie connus par la presse. L’étude exclut également les morts qui ont pu avoir lieu dans des pays parlant d’autres langues que celles étudiées, ainsi que les accidents graves mais non mortels ayant eu lieu.

Enfin, la chercheuse et porte-parole de la fondation estime qu' »il serait temps » que les professionnels de santé se mettent à mettre en garde les voyageurs et les touristes dans leurs pratiques du selfie. « C’est une question de prudence et d’éducation », insiste Cristina Juesas. « D’être capable de reconnaître lorsque vous vous trouvez sur des sites à risque, comme près d’une falaise, où le risque de chute est important ».