Vous êtes accro à votre smartphone ? Les scientifiques s’inquiètent des taux élevés chroniques de cortisol que génère dans l’organisme l’usage intensif des téléphones portables.

C’est un objet qui ne nous quittera jamais. Dans nos mains, dans nos oreilles, dans nos poches… que ce soit à la maison, au travail, dans les transports, ou même dans les toilettes ! Aujourd’hui, les smartphones nous accompagnent dans de nombreuses tâches quotidiennes, y compris lorsque son utilisation n’est pas indispensable. Outre les risques possibles liés aux ondes électromagnétiques de ces appareils, leur utilisation intensive peut être à l’origine de diverses maladies.

Dans un article du New York Times, la journaliste américaine Catherine Price a passé en revue diverses études publiées sur l’impact des téléphones portables sur notre santé. La littérature scientifique n’est pas rassurante. L’utilisation d’un téléphone portable augmentera le niveau de cortisol, une hormone du stress qui peut aider à raccourcir notre espérance de vie.

Stress et dépendance

Les smartphones sont tellement omniprésents dans nos vies que nous répondons par une certaine dépendance comportementale. La recherche a déterminé l’impact des smartphones sur la dopamine, une substance chimique du cerveau qui nous aide à développer des habitudes et une dépendance. Les téléphones mobiles d’aujourd’hui sont également conçus de manière à ne pas pouvoir s’en passer, tout comme les applications.

Les scientifiques ont étudié le niveau de production de cortisol dans le corps. Cette hormone est différente de la dopamine en ce qu’elle caractérise le stress. Sa libération entraîne des effets physiologiques plus inquiétants : on pense que les pics de tension artérielle, de fréquence cardiaque et de glycémie nous aident à réagir et à survivre face à de graves menaces physiques.COPIE

« Ce sont des effets qui peuvent vous sauver la vie si vous êtes réellement en danger physique, précise la journaliste du New York Times. Mais notre corps libère également du cortisol en réponse à des facteurs de stress émotionnels, pour lesquels une augmentation de la fréquence cardiaque n’est pas d’une grande utilité, par exemple lorsque vous consultez votre téléphone et que vous tombez sur un e-mail furieux de votre patron… »

Un cycle qui inquiète

Ce qui inquiète les médecins, ce n’est pas la production inutile de cortisol en elle-même. C’est davantage sa fréquence. Avec l’augmentation du temps passé quotidiennement sur les smartphones, la libération de cortisol est également plus fréquente.

« Votre taux de cortisol est élevé lorsque votre téléphone est en vue ou à proximité, ou lorsque vous l’entendez ou même pensez l’entendre, explique David Greenfield, professeur de psychiatrie clinique à la faculté de médecine de l’Université du Connecticut et fondateur du Centre pour la dépendance à Internet et à la technologie. C’est une réponse au stress, la sensation est désagréable, et la réponse naturelle du corps est de vouloir vérifier le téléphone pour faire disparaître le stress. »

Problème, les pics de cortisol s’accumulent à chaque fois que vous consultez votre téléphone, et que vous risquez de tomber sur quelque chose de stressant. Seul moyen de faire disparaître cette anxiété : consulter son téléphone pour se rassurer… Un éternel recommencement qui conduit à des taux chroniques importants de cortisol.

Les smartphones généreraient un stress supplémentaire. La peur de recevoir un mail incendiaire de son patron ? (Photo d’illustration : Pexels)

Risques de maladies augmentés

Sauf qu’un taux chroniquement élevé de cortisol n’est pas sans risque. Dépression, obésité, diabète, problèmes de fertilité, hypertension artérielle, crises cardiaques, démence et accidents vasculaires cérébraux sont des problèmes de santé qu’il favorise… « Toutes les maladies chroniques que nous connaissons sont exacerbées par le stress, explique le Dr Robert Lustig, professeur émérite d’endocrinologie pédiatrique à l’université de Californie, à San Francisco. Et nos téléphones y contribuent complètement. »

Des niveaux élevés de cortisol sont aussi problématiques pour l’altération du cortex préfrontal qu’ils induisent, une zone du cerveau servant notamment à la prise de décision et à la pensée rationnelle. Pour illustrer, le Dr Lustig décrit le cortex préfrontal comme « le Jiminy Cricket du cerveau, il nous empêche de faire des choses stupides ».

Les scientifiques recommandent de faire des pauses et de couper certaines notifications. (Photo d’illustration : Pexels)

Faire des pauses pour retrouver le sens du contrôle

Seule solution pour faire redescendre le taux de cortisol : rompre avec l’anxiété. Commencer par désactiver ses notifications peut être un début, mais il semble encore plus important de prendre conscience de l’influence de son smartphone sur sa santé.

C’est du moins ce que recommande le Dr Judson Brewer, directeur de la recherche et de l’innovation au Mindfulness Center de l’université Brown. Il avertit : « Si nous ne sommes pas conscients de nos sensations physiques, nous ne changerons pas nos comportements. »

Éloigner ou supprimer les applications anxiogènes, « peut également être un moyen efficace de rééquilibrer la chimie de votre corps et de retrouver votre sens du contrôle ».

Par John BOISGUENE

source: Internet

twitter: @boisgueneit