La sérigraphie comme passerelle vers un avenir meilleur pour les jeunes déplacés du camp de Cité ONA
Au camp de Cité ONA, à Lalue, l’encre, les images et lacréativité ont pris, pendant deux jours, une dimension tout à fait particulière. Les 10 et 11 août 2026, plus d’une vingtaine de jeunes, filles et garçons, âgés de 15 à 19 ans, ont participé à une formation pratique en sérigraphie. Une initiative de OKNJ, Oganizasyon Nouvel Jenerasyon (OKNJ) qui, selon la coordonnatrice de l’organisation, Norvilus Woulda, se veutun prétexte pour doter les jeunes en situation difficile d’un métier
Dans un contexte marqué par l’insécurité et les déplacements forcés, cette activité apparaît comme une bouffée d’air frais pour ces adolescents issus de camps accueillant des personnes déplacées du centre-ville de Port-au-Prince. Leurs familles, contraintes de fuir leurs quartiers d’origine pour échapper aux violences des groupes armés, ont trouvé refuge dans ces espaces précaires où les besoins demeurent considérables.
Pendant ces deux journées, l’équipe de OKNJ, très dynamique et soucieuse de partager leur expertise au plus vulnérable, ont été initiés les jeunes retrouvés dans ce camps aux techniques de base de la sérigraphie, notamment à l’impression d’images et de photographies sur différents supports dont le PVC. À travers des exercices à la fois théoriques et pratiques, ils ont pu découvrir une activité susceptible de devenir, à terme, une compétence professionnelle et une source de revenus. Une formation qui apermis de créer aux jeunes de jouir gratuitement d’un espace d’apprentissage, de découverte et de socialisation. Un groupe de jeunes dont le quotidien est profondément marqué par les conséquences de la violence.
Ce séminaire sur la Sérigraphie semble avoir suscité un intérêt allant bien au-delà du groupe initial de participants. Des personnes présentes dans les environs ont manifesté leur souhait de voir l’équipe de l’OKNJ élargir cette formation à un plus grand nombre de jeunes. Plus surprenant encore, certains adultes ont également exprimé le désir de participer à ces séances d’apprentissage. Pour eux, la sérigraphie représente non seulement une activité créative, mais également une possibilité d’acquérir une compétence pratique susceptible de contribuer à leur autonomie économique.
Face à cet intérêt, plusieurs personnes ont encouragé les responsables de l’OKNJ à renouveler l’expérience et à envisager une nouvelle session accessible à un public plus large. Une demande que la coordonnatrice de l’organisation, NorvilusWoulda, dit vouloir examiner avec son équipe. « Nous allons analyser cette demande avec notre équipe et voir dans quelle mesure nous pouvons envisager une nouvelle session qui puisse bénéficier à un plus grand nombre de personnes », a-t-elle indiqué en substance.
Pour redonner confiance
Pour Norvilus Woulda, cette initiative constitue bien plus qu’une simple activité de formation. Elle s’inscrit dans une démarche visant à accompagner les personnes les plus vulnérables et, particulièrement, les jeunes confrontés aux conséquences de la violence armée. La coordonnatrice de l’OKNJ se dit fière de pouvoir contribuer, à travers ce type d’initiative, à l’encadrement de jeunes vivant dans des conditions particulièrement difficiles. Son objectif, explique-t-elle, est de poursuivre les actions en faveur des personnes vulnérables et de favoriser l’acquisition de compétences susceptibles de leur ouvrir de nouvelles perspectives.
Dans les camps de déplacés, les besoins sont multiples : alimentation, logement, soins de santé, éducation et protection. Mais l’avenir des jeunes constitue également une préoccupation majeure. Privés de stabilité et parfois éloignés de leur environnement scolaire habituel, ils risquent de voir leurs perspectives d’avenir compromises par une situation qu’ils n’ont pas choisie. C’est dans ce contexte que des initiatives de formation prennent toute leur importance.
Un acte de résilience
Au camp de cité ONA, les gestes des jeunes autour des cadres de sérigraphie, des encres et des supports d’impression racontent une histoire différente de celle habituellement associée aux camps de déplacés. Pendant quelques heures, ces adolescents ne sont plus seulement considérés comme des victimes de l’insécurité. Ils deviennent des apprenants, des créateurs et, potentiellement, de futurs professionnels. La sérigraphie devient ainsi un outil de résilience. Elle permet d’apprendre, de créer et d’envisager la possibilité de transformer une compétence manuelle en activité génératrice de revenus.
L’expérience de ces deux journées aura également permis de faire émerger une autre réalité : le désir des jeunes à apprendre malgré leur situation sociale d’existence. Une réalité qui ne concerne pas seulement les adolescents. Elle touche également des adultes désireux d’acquérir des compétences pratiques. Ce qui porte l’équipe de L’OKNJ à croire que cette manifestation d’intérêt pourrait ouvrir la voie à une nouvelle étape : élargir l’initiative, multiplier les sessions et permettre à davantage de personnes affectées par les violences de bénéficier d’une formation.
Au camp de Cite Ona, à Lalue, les images imprimées sur le PVC ne sont peut-être que les premiers résultats visibles d’une expérience de deux jours. Mais derrière ces impressions se dessine une ambition plus grande : faire de l’apprentissage un instrument de reconstruction personnelle et sociale pour une jeunesse fragilisée par la violence et le déplacement forcé, a laissé comprendre Norvilus Woulda.
Joe Antoine Jn Baptiste








