Influence 360 : Astreya veut aider les jeunes Haïtiens à mieux utiliser les réseaux sociaux
À l’hôtel Montana, Astreya Management Consulting, dirigée par Stéphanie Sophie Louis, a organisé ce Dimanche 15 mars 2026 une activité autour de Influence 360, un programme présenté comme une réponse à un constat de plus en plus évident : en Haïti, l’influence numérique prend de l’ampleur, mais elle manque encore trop souvent de cadre, de direction et de finalité.
À travers cette initiative, Astreya a voulu poser une question simple, mais décisive : que vaut la visibilité lorsqu’elle ne sert ni à éclairer, ni à mobiliser, ni à élever le débat public ? C’est autour de cette interrogation que s’est articulé l’événement, dans une atmosphère mêlant jeunesse, communication, ambition et réflexion sur le rôle réel des plateformes numériques dans la société haïtienne.

Dans son intervention, Mme Stéphanie Sophie Louis a insisté sur la place centrale de la jeunesse dans l’avenir du pays. Son discours a rappelé que plus de la moitié de la population haïtienne a moins de 25 ans, tout en soulignant que cette majorité reste encore largement marginalisée, sous-représentée et rarement associée aux décisions qui engagent pourtant son avenir. Le propos a mis en lumière un paradoxe profond : la jeunesse subit les conséquences des crises, mais demeure souvent écartée des espaces où se pensent les solutions.
L’un des points forts de cette prise de parole a été de replacer le numérique dans une perspective plus large que celle du simple divertissement. Selon la vision défendue durant l’activité, la technologie ne devrait pas être perçue comme un décor moderne ou un outil de paraître, mais comme un levier de pouvoir, de liberté économique et de reconstruction collective. Le discours a rappelé qu’à l’échelle mondiale, les jeunes utilisent Internet pour créer, entreprendre et transformer leur environnement, alors qu’en Haïti, le potentiel numérique reste encore freiné par le manque d’investissement, de vision et d’accompagnement.
C’est précisément dans cette logique qu’Influence 360 a été présenté. Le programme n’a pas été décrit comme une fabrique de personnalités virtuelles en quête de notoriété, mais comme un espace destiné à former des leaders numériques responsables. L’idée défendue est claire : l’influence ne devrait pas se réduire à l’accumulation de vues, d’abonnés ou de réactions, mais devenir un instrument capable d’éduquer, de sensibiliser, de combattre la désinformation et de promouvoir des valeurs utiles à la collectivité.

L’événement a aussi pris une dimension plus civique et plus politique dans son contenu. Sans s’enfermer dans un discours partisan, Mme Louis a évoqué plusieurs blocages structurels qui pèsent sur la jeunesse haïtienne : corruption, exclusion, systèmes fermés, affaiblissement des institutions, absence de confiance et déficit démocratique. Le discours a défendu l’idée que les jeunes ne demandent pas la charité, mais des institutions crédibles, un État fonctionnel et une participation réelle aux grands choix nationaux.
Ce positionnement donne à l’initiative une portée qui dépasse largement l’univers des réseaux sociaux. Car derrière la question de l’influence, c’est aussi celle du modèle de société qui se profile. Quel type de parole veut-on encourager dans l’espace public ? Quel usage veut-on faire de la visibilité ? Et surtout, comment transformer l’énergie, la créativité et la présence numérique de la jeunesse en une force capable d’apporter de la structure là où dominent encore trop souvent l’improvisation, la confusion et le bruit ?
Dans le contexte haïtien, ces interrogations ne sont pas secondaires. Elles touchent à la qualité du débat public, à l’éducation informelle des jeunes générations et à la capacité du pays à bâtir un écosystème numérique plus sérieux. À cet égard, l’activité organisée au Montana a tenté d’ouvrir une autre voie : celle d’une influence plus consciente, plus utile et plus ancrée dans les réalités du pays.
Reste désormais la question essentielle : celle de la suite. Car un lancement, aussi réussi soit-il, ne vaut que par ce qu’il produit ensuite. Le véritable test pour Influence 360 commencera dans la durée, à travers la qualité de l’accompagnement proposé, la rigueur de la formation, le suivi des participants et l’émergence, à terme, de créateurs capables d’exercer une influence plus crédible et plus constructive dans l’espace haïtien.
En lançant ce programme au Montana, Astreya a au moins posé un débat nécessaire. À l’heure où l’économie de l’attention envahit tout, rappeler que la visibilité doit avoir un sens, une éthique et une utilité n’a rien d’anecdotique. C’est même, peut-être, l’un des combats les plus urgents du moment.








